L'Arcom a récemment adressé un avertissement à CNews, la chaîne d'informations sous l'influence de Vincent Bolloré, sur la nécessité d'élargir la diversité des opinions diffusées dans ses émissions. Critiquée pour sa manière de traiter des sujets tels que l'immigration et l'aide à l'Ukraine, la chaîne est accusée de promouvoir une vision monolithique des événements.
Le régulateur de l'audiovisuel a répondu à une demande de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) et a demandé à CNews de veiller à une représentation pluraliste des courants de pensée. En cas de non-respect, des sanctions financières seraient envisageables.
CNews a pour sa part contesté ces accusations et indique qu'elle usera de tous les recours possibles, y compris devant le Conseil d’État et les instances européennes, afin de défendre sa liberté d'expression. Dans un communiqué, la chaîne a affirmé vouloir protéger ses droits tout en assurant le respect de ses engagements éthiques.
C'est loin d'être la première fois que CNews est sous le feu des critiques pour son approche éditoriale. L'Arcom a désormais élargi ses compétences au pluralisme des opinions, en réponse à des plaintes antérieures de RSF, et prévoit un suivi rigoureux de la diversité des points de vue diffusés, notamment dans le contexte de la présidentielle de 2027.
Selon RSF, l'Arcom marque un tournant dans sa rigueur envers CNews, souvent accusée par certains partis politiques de favoriser les idées d’extrême droite. Ce renforcement de la surveillance est également soutenu par des grands observateurs des médias en France.
Avant de parvenir à cette décision, l'Arcom a scruté plus de 168 heures d'émissions phares de CNews, comme "L'Heure des Pros" et "Punchline", révélant ainsi des tendances inquiétantes dans le traitement de l'actualité. En réponse à ces analyses, Catherine Jentile de Canecaude, présidente d'un groupe de travail sur le pluralisme au sein de l'Arcom, a souligné l'absence de discussions équilibrées au sein des programmes.
Particulièrement, la chaîne traite souvent l'immigration et l'islam comme des menaces, en mettant en avant des points de vue dominants qui n'adressent qu’inconsidérément la diversité des opinions au sein de la société française. Martin Ajdari, président de l'Arcom, a affirmé que cette prime à des visions uniques ne correspondait pas à l'esprit même des échanges démocratiques.
La guerre en Ukraine a également été vue sous un angle critique, avec des allégations selon lesquelles le gouvernement français aurait alarmé la population par des discours exagérés sur la sécurité, privant ainsi d'autres regards critiques de la situation.
Avec cette mise en lumière des pratiques de CNews, des figures médiatiques, comme la chroniqueuse Xenia Fedorova, accusée de soutenir des idées pro-Kremlin, soulèvent des questions sur la ligne éditoriale du groupe associé à des personnalités influentes.
RSF prévoit déjà d'intensifier ses efforts de vigilance auprès de l'Arcom pour garantir un respect continuel du pluralisme, comme l'a affirmé son directeur général, Thibaut Bruttin. L'Arcom, pour sa part, a déjà planifié une surveillance des quatre principales chaînes d’information de la TNT pour assurer un éventuel respect du pluralisme à l'approche de la campagne présidentielle.







