Samedi 3 janvier, l'annonce de la "capture" du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique française. Les premières réactions sont venues de la gauche. Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France Insoumise (LFI), a qualifié cette intervention de "violation de la souveraineté" et d'"enlèvement odieux", dénonçant la militarisation des relations internationales. Pour lui, la lutte contre le narcotrafic ne justifie en rien l'usage de la force par les États-Unis, qu'il considère comme une "tentative de détruire l'ordre international libre".
De son côté, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a critiqué l'action américaine, soulignant que "la force ne peut remplacer le droit". Selon lui, cette opération pourrait affaiblir la légitimité des institutions internationales et donner un coup de fouet aux autocrates du monde entier. En revanche, les autorités françaises, y compris l’Élysée et le Quai d'Orsay, ne se sont pas encore prononcées, préférant une approche plus mesurée pour l’instant.
Sur la scène européenne, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a déjà pris contact avec le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, pour rappeler l'importance du respect du droit international, malgré leur désaccord sur la légitimité de Maduro. Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, a abondé dans ce sens, soutenant que les États-Unis agissent en contradiction avec le droit international, une position qui pourrait avoir des conséquences sur l’ordre mondial issu de la Seconde Guerre mondiale.
Du côté de la droite, Jordan Bardella, leader du Rassemblement National, a exprimé une condamnation plus nuancée de l'intervention. Bien qu'il ait reconnu les critiques légitimes à l'égard du régime de Maduro, il a averti que le renversement d'un gouvernement par la force ne pourrait qu’aggraver l’instabilité géopolitique. En revanche, Éric Ciotti a exprimé un sentiment de soulagement, qualifiant cette capture de "bonne nouvelle" pour un Venezuela en proie à la corruption et aux violations des droits humains.
Manuel Valls, ancien Premier ministre, a également salué la capture de Maduro, affirmant que "les jours de la dictature sont désormais comptés" et que c'est au peuple vénézuélien d'écrire son avenir. Cette juxtaposition de opinions soulève de nombreuses questions sur la future direction des relations internationales, surtout dans le contexte de tension croissante entre les grandes puissances.







