La fraude sociale en France, autrefois sous-estimée, est désormais un enjeu majeur avec des prévisions alarmantes pour 2025. Les experts estiment que ce phénomène pourrait coûter à l'État pas moins de 14 milliards d'euros, une hausse d'un milliard par rapport à 2024.
Une part significative, dépassant les 52 %, est à imputer aux pratiques de travail dissimulé, particulièrement répandues dans des secteurs comme le bâtiment et l'hôtellerie-restauration. Les abus concernant les prestations sociales, comme le RSA ou la prime d'activité, représentent également un douloureux 48 %. Alors que ces sommes pourraient aider à financer d'autres services vitaux, seulement 680 millions d'euros ont été récupérés l'an passé, soulignant l'ampleur du défi à relever.
Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale, souligne la difficulté d'éradiquer ce type de fraude : "Dans le paysage économique français, de nombreuses entreprises, souvent éphémères, échappent aux contrôles en disparaissant avant d'être détectées". Cette structure complexe complique la tâche des autorités fiscales.
Les solutions pour contrecarrer la fraude
Face à ces enjeux, plusieurs mesures sont envisagées. L'Assurance maladie a mis en place des formulaires plus sécurisés pour les arrêts de travail. Selon Frédéric Valletoux, ancien ministre de la Santé, il est impératif d'améliorer la circulation des informations entre les organismes : "Des échanges de données optimisés aideraient à mieux contrôler les abus".
Parmi ces initiatives, un prélèvement à la source des cotisations sociales pour certains autoentrepreneurs est prévu dès avril 2026, avec potentiel élargissement si l'expérimentation s'avère concluante.
Ce constat alarmant fait également écho à des problématiques similaires évoquées par Le Monde, qui a récemment souligné que la lutte contre la fraude nécessite non seulement des améliorations techniques mais également une sensibilisation accrue du public. À mesure que le débat s'intensifie, il est clair que le gouvernement devra aller au-delà de simples ajustements pour combattre ce fléau persistant.







