Confronté à des déclarations controversées diffusées sur CNews, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a annoncé sur Instagram un grand "rassemblement citoyen" prévu pour le 4 avril, sur le parvis de l'hôtel de ville. Cet événement, qui commencera à 14h00, est présenté comme une initiative populaire visant à dénoncer le racisme, les discriminations et la haine de l'autre.
Bagayoko, élu dès le premier tour des municipales face à l'ancien maire PS, Mathieu Hanotin, appelle à défendre les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité contre ce qu'il qualifie d'"attaques réactionnaires". Le nouveau maire, issu d'une famille malienne, a été la cible de nombreux commentaires racistes depuis sa prise de fonction.
Vendredi dernier, un débat sur CNews a ravivé les tensions autour de son mandat. Le présentateur a questionné la légitimité de sa gestion en évoquant une possible volonté de "pousser les limites". Le psychologue Jean Doridot a cité la nature sociale des êtres humains tout en suggérant que chaque collectivité a besoin d'un leader. Ses propos ont suscité une réaction forte de Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, qui a dénoncé un racisme "crasse et décomplexé" et a annoncé son intention de saisir l'Arcom, l'autorité de régulation de l'audiovisuel et du numérique.
De son côté, Bally Bagayoko a fait savoir à l'AFP qu'il comptait déposer une plainte à l'encontre des personnes qui ont proféré ces propos. La direction de CNews a réagi en affirmant que les déclarations de Doridot avaient été "délibérément déformées" sur les réseaux sociaux, prétendant qu'une polémique injustifiée en avait résulté.
De plus, CNews a fait face à une autre controverse lorsque le philosophe Michel Onfray a qualifié Bagayoko de "mâle dominant" en référence à ses appels à l'obéissance après son élection. Ce climat de tension a poussé le maire à dénoncer la difficulté pour les médias de comprendre qu'un individu issu des quartiers populaires puisse élever sa voix pour représenter la collectivité.







