À Hartzviller, près de Sarrebourg, les employés de la supérette Proxi expriment leur profond désarroi en raison de difficultés financières croissantes. Après une réouverture prometteuse en 2021, le magasin fait face aujourd'hui à un redressement judiciaire depuis début février, entraîné par des changements significatifs dans les habitudes de consommation.
Caroline, surnommée « Mamie », l'une des vendeuses les plus anciennes, partage son inquiétude : « On est devenu un point relais, plus qu'un véritable commerce. Les clients viennent principalement pour des colis, et cela nous empêche de vendre des produits d'épicerie ». Le magasin, qui attirait auparavant une centaine de clients par jour, ne réalise plus même 500 euros de chiffre d’affaires quotidien, malgré une amplitude d'ouverture de 8h30 à 20h.
Le problème est exacerbé par la concurrence accrue des grandes surfaces et des achats en ligne. « Pour cinq clients, quatre viennent chercher un colis et un seul achète quelque chose », explique Caroline. Le point relais représente une partie importante de l'activité, avec plus de 200 visiteurs quotidiens, mais cela ne compense pas la baisse des ventes des produits disponibles dans le magasin.
Un communauté qui pourrait perdre son seul commerce
Alors que le Proxi d'Hartzviller est le seul commerce dans un village où résident peu d'alternatives, les résidents expriment une grande inquiétude. Pierrette, une cliente fidèle, assure : « Je n'ai pas de permis, je ne peux pas toujours aller à Sarrebourg pour mes courses, et je suis soulagée que ce magasin existe ». La fermeture pourrait signifier bien plus qu'une simple perte de services : pour beaucoup, c'est une question de survie.
Caroline souligne l'augmentation constante des charges, tels que l'URSAAF et le loyer, tout en faisant face à une hausse exponentielle des frais de fonctionnement. « On ne peut même plus diffuser de la musique d'ambiance car cela nécessite des paiements SACEM trop élevés », déplore-t-elle. Les pertes dues à des produits invendus sont également significatives, atteignant entre 12 000 et 15 000 euros par an.
Appel à la solidarité
Face à cette épreuve, Caroline et ses collègues espèrent mobiliser la communauté pour redynamiser le magasin. « Si chacun faisait un petit achat en plus de retirer un colis, cela pourrait vraiment faire la différence », plaide-t-elle, sensible à la situation. Ce cri d'alarme du personnel souligne l'importance d'une solidarité locale renforcée, alors que l'avenir de ce commerce de proximité se dessine de manière incertaine.







