Le 26 avril 1986, à une heure du matin, Pripiat, en Ukraine, a connu un accident nucléaire catastrophique. L'explosion du réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl a libéré près de 12 milliards de milliards de becquerels de radioactivité dans l'atmosphère, soit 30.000 fois la quantité de rejets émise par toutes les installations nucléaires dans le monde sur une année complète.
Cette tragédie a introduit des particules et des gaz radioactifs, notamment l'iode 131, dans l'environnement, provoquant des conséquences qui se feraient sentir pendant des décennies, y compris une augmentation alarmante des cancers de la thyroïde, surtout chez les enfants.[source]
L’augmentation des cancers de la thyroïde sous les radars
Après l'accident, 50.000 habitants de Pripiat ont été évacués. Au fil des mois, le périmètre de sécurité s'est élargi, touchant 135.000 Ukrainiens. Bien que des mesures aient été mises en place pour réduire leur exposition, elles n'ont pas suffi à prévenir les conséquences. Enora Cléro, épidémiologiste à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), souligne que les régions les plus touchées ont enregistré une augmentation significative des cancers de la thyroïde chez les enfants exposés.
"Ce dont nous sommes certains, c'est que là où les doses de rayonnement ont été les plus élevées, il y a eu une nette augmentation des cancers de la thyroïde chez les enfants présents au moment de l'accident", déclare-t-elle.
La lente prise de conscience des conséquences
Dix ans après, des études scientifiques commencent à établir le lien entre l'exposition à l'iode 131 et les cancers de la thyroïde chez les enfants. Les médecins, observant cette tendance, réalisent que les jeunes, en raison de leur métabolisme et de la taille de leur thyroïde, concentrent davantage d'iode 131 que les adultes. De plus, la consommation de lait contaminé a joué un rôle crucial dans cette contamination.
Un héritage sanitaire difficile à cerner
En France, l'exposition à l'iode 131 est restée largement inférieure grâce à la distance séparant l'Hexagone de Tchernobyl. Cependant, même à distance, des cancers continuent d'apparaître, bien que moins fréquemment qu'auparavant. Cléro précise que le risque demeure encore aujourd'hui, mais a nettement diminué par rapport aux années 1990 et 2000.
En conclusion, les leçons tirées de l'accident de Tchernobyl ont conduit à des mesures de dépistage, notamment à Fukushima après l'accident de 2011. Cependant, il est encore trop tôt pour évaluer l'impact de ces évènements sur la santé des enfants présents lors de cette catastrophe.







