Au sein de CentraleSupélec à Metz, des étudiants en ingénierie présentent les sciences à des enfants de CM1-CM2. Ce projet, axé sur la théorie et des expériences pratiques, vise également à combattre les stéréotypes associés aux métiers scientifiques.
« En début d'année, nous avons effectué une première intervention pour comprendre la dynamique d'un cours et, tout au long de l'année, nous avons préparé notre leçon », raconte Anas, un futur ingénieur qui se réjouit de sa collaboration avec ces jeunes écoliers. « L'idée était de partir du programme scolaire en explorant les volcans, et d'y associer une expérience. »
Faire décoller une fusée
Ce projet, nommé EntreÉlèves, permet aux étudiants du campus de Metz de transmettre des connaissances scientifiques dans les écoles primaires. Ils sont cette année 36 étudiants de première année à réaliser ces leçons et seront 50 l'année prochaine, étant notés sur la qualité de leur matériel pédagogique et leur prestation.
Pour cette première interaction avec des écoliers, les étudiants ont choisi des thèmes variés tels que les ondes sonores, les composants d'ordinateurs et le système solaire. Louis, en duo avec un camarade, a opté pour une leçon de mécanique : « C'était un sujet accessible qui les intéressait vraiment. Nous avons même fait décoller une fusée dans la cour ! »
Avant cela, ils ont conçu un cours structuré, intégrant diverses petites expériences pour capter l'attention des élèves, explorant même des vidéos et des tests sur les résistances à l'air. Louis a exprimé sa satisfaction : « Ils ont réussi à établir un lien entre notre enseignement et la fusée, c'était une véritable réussite pour nous ! »
Le défi reste de taille, comme le souligne Isabelle : « Nous devions faire face à un public avec des connaissances très différentes des nôtres. » Cette initiative leur enseigne également des compétences en gestion de projet, essentielles pour leur future carrière.
Une vision élargie pour les jeunes élèves
« Bien qu'il existe déjà des initiatives associatives, notre projet est distinct », indique Hervé Frezza-Buet, l'un des responsables d'EntreÉlèves. « Nos étudiants investissent dans ce projet pour acquérir des compétences de communication au-delà des sciences dures, fruit de leur cursus. »
En ciblant des écoles REP+, ils visent à changer la perception des élèves sur leur futur professionnel. « Ces jeunes se projettent rarement en dehors des métiers de leurs parents, souvent liés à des professions peu valorisées », souligne Hervé. Anas confirme : « Lors de notre première rencontre, aucun enfant ne parlait d'ingénierie ; leurs rêves se limitaient au football ou à des carrières comme vétérinaire. » Ils veulent donc prouver que les sciences sont accessibles à tous. Anas, dont les parents sont immigrés, témoigne : « J'ai eu des enseignants au lycée qui m'ont ouvert les yeux sur ces possibilités. »
Cette initiative enrichit l'image de l'école. Après les cours, les élèves ont visité le campus, découvrant les infrastructures des futurs ingénieurs. « Une simple graine qui pousse », conclut Hervé Frezza-Buet, avec l’ambition de créer un site Internet rassemblant les expériences des étudiants. Le but est d'étendre ce projet et d'inciter d'autres écoles à s'impliquer.







