À 108 ans, Jean Turco, le doyen des Français, continue de marcher presque sans aide et demeure aux côtés de ses souvenirs à Paris. À l'occasion du 8 mai 2026, commémoration de la Victoire des Alliés en 1945, il reprend avec une lucidité remarquable ses récits d'ancien soldat ayant vécu l'expérience traumatisante de la captivité allemande pendant cinq longues années.
Originaire de Villejuif et issu d'une famille italienne, Jean Turco fut naturalisé Français à 15 ans, après avoir choisi de servir deux ans dans l'armée. "Je me suis engagé un an avant la déclaration de guerre", se rappelle-t-il, évoquant la période marquée par la "drôle de guerre". "Nous étions en Alsace à patrouiller, mais il ne se passait presque rien, si ce n'est que nous essayions d’éviter les Allemands jusqu'en mai", ajoute-t-il, ses yeux s'illuminant au fil des souvenirs. Un témoignage poignant de l'histoire vécue par des milliers de soldats lors de ce conflit sanglant.
Cette volonté de partager son histoire fait écho aux paroles de l'historienne Sophie Delaporte, qui souligne : "L'importance de ces témoignages est cruciale pour la mémoire collective. Ils sont le miroir de nos luttes passées et nous rappellent le prix de la paix".
En ces temps de mémoire, l'héritage de Jean Turco se doit d'être préservé avec soin, car il porte en lui le poids des leçons du passé. À travers son récit, il incarne la résilience d'une génération qui a affronté l'inimaginable, rappelant que "la guerre, il n'y a rien de pire". Son histoire, à la fois personnelle et universelle, constitue un legs précieux pour les générations futures.







