Depuis l'introduction de la taxe sur les petits colis importés, l'aéroport de Paris-Vatry, situé dans la Marne, connaît une chute alarmante de son activité de fret. La réduction de cette activité entraîne des licenciements et une révision des jours d'ouverture, mesures jugées nécessaires pour préserver cette plateforme stratégique.
Actuellement déserté, le tarmac de l'aéroport, jadis un point névralgique pour les géants du commerce en ligne, ressent l'impact direct de la taxe sur les colis mise en place le 1er mars 2026. Celle-ci a provoqué une chute vertigineuse de 65 % du volume de fret en seulement dix semaines, affectant directement l'économie locale.
Jean-Marc Roze, président du conseil départemental de la Marne, s'indigne de cette situation inacceptable. « Cette taxe ruine notre activité. Les colis de marques comme Shein ou Temu passent désormais par la Belgique pour échapper à cette taxe. Cela allonge les trajets routiers et nuit à l'environnement, c'est totalement irrationnel ! », déclare-t-il.
Les statistiques sont révélatrices : l'aéroport traitait 2 000 tonnes de fret en janvier, un chiffre qui a rapidement chuté à 800 tonnes après l'instauration de la nouvelle taxe. Bien que l'aéroport dispose d'un potentiel énorme, avec une piste capable d'accueillir des aéronefs de grande envergure, comme les Boeing 777 ou les avions de l'OTAN, il peine à trouver sa place dans le marché actuel. « À 50 000 tonnes, nous pourrions fonctionner sans aucune aide financière », souligne Jean-Marc Roze.
« Le chômage partiel nous a été refusé »
La situation se dégrade rapidement, entraînant une calamité sociale. La direction a annoncé la mise en place d'un plan de licenciement, incluant 17 employés — parmi lesquels 9 sont des CDI — prévus pour le mois de juin. Cette décision survient malgré une volonté de passer en chômage partiel, qui leur a été refusé. « C'est d'autant plus difficile que nous avions embauché récemment pour faire face à une croissance anticipée », exprime Jean-Marc Roze. Des mesures de réduction d'activité, telles que la fermeture le dimanche et une fin des opérations à 19 heures en semaine, seront donc mises en place pour tenter de limiter les dégâts.
L'espoir d'une solution dépend d'une intervention au niveau étatique. Lors d'une visite au Camp militaire de Suippes, le président Emmanuel Macron a promis de venir en aide à l'aéroport. « Il m'a assuré qu'il allait nous soutenir. Je garde confiance en lui », confie Jean-Marc Roze, qui espère également attirer l'attention d'Aéroports de Paris pour rediriger une partie du fret vers Vatry.
En attendant une réponse concrète du Premier ministre Sébastien Lecornu concernant leur courrier, Jean-Marc Roze s'inquiète pour l'avenir. « On nous demande de faire preuve d'exemplarité avec cette taxe, mais elle pénalise les familles françaises et a des répercussions désastreuses sur notre aéroport, qui reste un outil crucial pour l'avenir», conclut-il, conscient des enjeux à venir dans le secteur du fret aérien.







