Un jeune homme de 27 ans originaire de Tunisie a été mis en examen à Paris lundi, soupçonné de planifier une attaque d'inspiration jihadiste ciblant un musée parisien ou la communauté juive.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a rapporté que cet individu est suspecté de vouloir réaliser un acte de violence, ainsi que de prévoir une hijra, un exil vers une terre d'islam, au sein des rangs de l'État islamique, que ce soit en Syrie ou au Mozambique.
Une source proche de l'enquête a précisé que les éléments recueillis jusqu'à présent laissaient penser que les intentions de ce suspect visaient le musée du Louvre, ainsi que des membres de la communauté juive, même si aucune cible spécifique n'a été identifiée.
D'après des informations du Monde et du Parisien, ce suspect a mentionné Le Louvre comme une cible potentielle, tandis qu'il a également fait référence à la communauté juive du 16e arrondissement de Paris.
Interpellé jeudi dernier dans le cadre d'une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes contre les personnes, cet homme a été arrêté après avoir été contrôlé par la police alors qu'il conduisait avec un faux permis. Empruntant un chemin difficile depuis Djerba, en Tunisie, il était arrivé en France en 2022, après un passage par Lampedusa, dans l'espoir de trouver du travail, comme rapporté par le Monde.
L'examen de son téléphone a révélé des vidéos de propagande jihadiste et un grand nombre de photos d'armes à feu et de couteaux. En outre, il avait enregistré des recherches sur ChatGPT, posant des questions sur la façon de fabriquer une bombe ou sur les conséquences de l'utilisation de TNT.
Une vidéo le montre également affirmant l'unicité de Dieu, un geste devenu un symbole d'allégeance aux groupes jihadistes, tout en clamant "Allah Akbar".
À l'issue de sa garde à vue, l'individu, qui conteste tout projet d'attaque, a été placé en détention provisoire à la demande du Pnat, qui a également requis l'ouverture d'une information judiciaire pour approfondir les investigations.
Interrogé par l'AFP, l'avocat du suspect, Réda Ghilaci, n'a pas répondu immédiatement.
La menace jihadiste, après avoir reculé entre 2021 et 2023, semble remonter à la surface en 2024. Alors qu'aucun décès n'avait été enregistré en 2024 à la suite d'une attaque terroriste, trois attentats avaient eu lieu en 2025, causant deux morts. Grâce à l'intervention de la DGSI, sept autres attaques ont été évitées cette même année.
Le parquet national antiterroriste souligne que le phénomène de jihadisme évolue, marquant une autonomisation de certains individus non affiliés à des organisations terroristes, ainsi qu'une flexibilisation idéologique, particulièrement chez les jeunes adultes et les mineurs.
Dans un autre incident en avril, un adolescent de 15 ans avait été arrêté dans le Rhône pour avoir projeté une action violente ciblant les communautés juive ou homosexuelle, exprimant sa volonté de mourir "en martyr". Cet adolescent a également été mis en examen et placé en détention provisoire.







