En 2025, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Meurthe-et-Moselle a comptabilisé des préjudices s'élevant à 6,6 millions d'euros dû à des fraudes et des fautes éventuelles. Les escroqueries menées par des professionnels de santé, parfois fictifs, représentent près de 80 % du montant total.
Parmi les actes frauduleux les plus courants, on trouve les arrêts maladie fictifs, la facturation d'actes médicaux jamais réalisés, ou encore des factures pour des équipements qui n'existent pas. La CPAM a enregistré 6 603 229 euros de préjudices l'année précédente, essentiellement dus à ces pratiques trompeuses.
Le volume des dossiers de fraude est partagé également entre assurés, qui s'élèvent à 660 000 dans le département, et professionnels de la santé. Cependant, la majorité des montants détournés proviennent des acteurs prétendument médicaux, qui concentrent à eux seuls plus de 5 millions d'euros de préjudice.
"Les fraudeurs se sont engouffrés dans les nouvelles technologies, à l'instar de l'intelligence artificielle", affirme Antoine Gardavaud, sous-directeur du département de régulation et de relation avec les acteurs de santé à la CPAM. "Nous faisons face à des fraudes technologiques en constante évolution, avec des falsifications de documents de plus en plus habiles. La majorité des fraudes ne provient pas de professionnels de santé mais d'organisations criminelles cherchant à tirer profit de la situation.
Pour contrer ces méthodes astucieuses, la CPAM intensifie ses efforts de prévention afin d'identifier les anomalies. Actuellement, l'organisme compte sur 12 agents spécialisés dans la lutte contre les fraudes, dont la moitié est assermentée. "L'outil informatique nous aide à détecter des actes suspects. En suite, notre équipe d'enquêteurs peut entraider pour vérifier que les services ont bien été fournis aux assurés", déclare Gaëlle Langlard, responsable de la lutte contre la fraude à la CPAM.
Grâce à cette vigilance accrue, plus de 2,3 millions d'euros ont été stoppés avant leur versement. Les auteurs de ces fraudes risquent des sanctions financières allant jusqu'à 300 % du montant de la fraude, qu'un paiement ait eu lieu ou non. Les tentatives de fraude sont également passibles de sanctions.







