Le 23 juin 2026, la France rendra hommage à Marc Bloch, historien et résistant, en l'élevant au Panthéon, 82 ans après son exécution par la Gestapo. Le président de la République a salué son "œuvre, son enseignement et son courage", soulignant l'importance de sa contribution à l'histoire et à la résistance.
Ce jour-là, un hommage national sera organisé pour célébrer la mémoire de cet intellectuel et universitaire, connu comme le fondateur d'une école historiographique mondiale, ainsi que pour ses actes de résistance en pleine guerre.
La petite-fille de Marc Bloch, Suzette, a exprimé sa fierté et son émotion face à cette reconnaissance. La famille a demandé que Marc Bloch entre au Panthéon avec sa femme, Simonne Vidal. Bien qu'un cénotaphe symbolique soit érigé, leurs corps resteront au cimetière du Bourg d'Hem, Creuse, où ils reposent déjà.
Une œuvre "profondément anti-nationaliste"
Dans une lettre adressée au président, la famille de Bloch a posé des conditions pour cette panthéonisation, exigeant que la cérémonie soit "purement civile" et interdisant toute implication de l'extrême droite. Ils ont indiqué que l'œuvre de Bloch, un patriote engagé, est "profondément anti-nationaliste", et se construit contre la vision réductrice de l’histoire française à ses frontières.
Marc Bloch est né le 6 juillet 1886 dans le Rhône au sein d'une famille juive alsacienne. Il a poursuivi un parcours académique prestigieux, incluant l'École normale supérieure et l'Université de Berlin, avant de servir comme capitaine pendant la Première Guerre mondiale. En 1919, il rejoint l'Université de Strasbourg et, dix ans plus tard, co-fonde la revue "Annales d'histoire économique et sociale" qui a marqué la discipline historique.
Fusillé avec 29 autres Résistants en 1944
Mobilisé à nouveau en 1940, il rédige son ouvrage majeur "L'Étrange défaite", un réquisitoire sévère contre les élites militaires françaises. Exclu de l'université par les lois de Vichy, Marc Bloch rejoint la Résistance où son engagement le mène à être arrêté par la Gestapo en 1944. Fusillé à 57 ans, il est devenu une figure emblématique de la résistance et de l'histoire française. Ses cendres sont finalement déposées au Bourg-d'Hem en 1977.







