À Bordeaux, la solidarité ne fléchit pas même lorsque le mercure chute. Le 6 janvier, en dépit d'une température frôlant le zéro, 350 étudiants ont fait la queue pour bénéficier de colis alimentaires distribués par l'association Linkee. Cette organisation, qui s'érige en pionnière de l’aide alimentaire pour les étudiants, constate des besoins accrus chaque semaine, avec une moyenne de 500 bénéficiaires dans des conditions plus clémentes.
Lucas Vivet, vice-président de Linkee, témoigne : « C’est la semaine de la reprise après les vacances, et nombreux sont ceux qui n'ont pas pu affronter le froid, même pour se nourrir. » Toutefois, cette situation alarmante masque une réalité plus pesante, comme l'indique Cynthia Guillet, présidente de la branche bordelaise. « L’hiver n'arrête pas la précarité alimentaire des étudiants. »
En effet, la précarité alimentaire s'intensifie, et les étudiants font souvent des sacrifices sur des éléments essentiels tels que le chauffage pour équilibrer leur budget. Guillet s'inquiète également de la suppression imminente de 40 % de la subvention de l'État, qui constitue une part significative de leur budget. « Comment pourrions-nous continuer à aider les étudiants si nous devons réduire notre soutien ? » s'interroge-t-elle.
Linkee a récemment aidé 3 000 étudiants supplémentaires par rapport à l'an dernier, partageant environ 150 tonnes de denrées, soit l'équivalent d'un demi-million de repas. Les bénéficiaires reçoivent surtout des fruits et légumes frais, essentiels pour une alimentation équilibrée. De nombreux étudiants, comme une étudiante de 23 ans, expriment leur gratitude : « Cela nous permet de manger autre chose que des pâtes sans culpabilité. »
Malgré les défis logistiques croissants, qui incluent des demandes deux fois supérieures à leur capacité d’accueil, la détermination des bénévoles de Linkee reste intacte. « Chaque distribution est un moment de réconfort, » affirme Guillet. Cependant, la demande croissante pose des questions cruciales sur la viabilité de cette aide face à un hiver rigoureux.
Face à cette réalité, la voix des étudiants s'élève, appelant à une action collective et à la recherche de nouveaux partenariats pour assurer la pérennité de cette solidarité si essentielle. Les étudiants de Bordeaux, soutenus par leur communauté, continuent de se battre chaque semaine contre la précarité alimentaire.







