Depuis trois décennies, l'ONG IFAW, installée à Reims, se consacre à la sauvegarde de la faune sauvage, notamment en œuvrant pour la protection des océans. Parmi ses préoccupations majeures figure la pollution sonore sous-marine, un danger peu connu qui découle du trafic maritime et des activités de construction en mer.
La pollution sonore sous-marine : une problématique méconnue
Aurore Morin, responsable de la campagne de conservation marine chez IFAW, souligne l'impact dévastateur de cette forme de pollution : "La pollution sonore sous-marine est souvent ignorée du grand public, pourtant elle affecte gravement les espèces marines." Les animaux aquatiques, du plancton aux baleines, dépendent fortement de leur ouïe pour communiquer, naviguer et se reproduire. Cependant, avec l’intensification des activités humaines, ils subissent stress et blessures, voire la mort, à cause de bruits intenses générés par des milliers de navires et les travaux d'infrastructure comme les parcs éoliens. Cette menace est corroborée par une étude de l'Université de Bretagne Sud, qui alerte sur la désorientation causée par le bruit pour certaines espèces marines.
Des solutions et des défis pour un océan plus silencieux
L’équipe d’Aurore Morin travaille main dans la main avec des partenaires pour élaborer des solutions afin de réduire ce fléau. L'une des recommandations majeures est la diminution de la vitesse des navires : "Ralentir permet non seulement de diminuer le bruit, mais aussi de contribuer à la sécurité maritime," explique-t-elle. Cependant, les compagnies maritimes sont confrontées à des challenges économiques, craignant de perdre des parts de marché en adoptant ces mesures. IFAW engage un dialogue constant avec ces acteurs pour sensibiliser aux enjeux environnementaux.
Vers une réglementation internationale
Pour promouvoir ces changements, IFAW se bat en faveur d'une législation contraignante au niveau international, qui imposerait une limite de vitesse dans les zones où la concentration des baleines est élevée. Des résultats encourageants émergent : de nombreux marins, passionnés par la mer, sont prêts à modifier leurs itinéraires. IFAW s'emploie à développer des campagnes de sensibilisation via des appels, des visioconférences et des tables rondes, un effort salué par de nombreux experts, dont Dr. Jean-Pierre Lemaire du CNRS, qui insiste sur l'urgence d'agir pour préserver les écosystèmes marins.
Pour en savoir plus sur ces initiatives, consultez le site officiel d'IFAW.







