Le Lot-et-Garonne se distingue en Nouvelle-Aquitaine par un nombre préoccupant de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France. En effet, le département a enregistré une hausse de 21,6 % des demandes, avec près de 1 000 dossiers pour l'année 2025.
Lors de l'assemblée plénière du 24 février, Valérie Dupas, la directrice départementale, a souligné ce chiffre alarmant : « Le Lot-et-Garonne est le premier en termes de dossiers déposés dans notre région », a-t-elle précisé. Cette augmentation est plus marquée qu’au niveau régional (12,1 %) et national (9,8 %), bien que la directrice appelle à nuancer cette tendance par rapport à l'année précédente où une baisse avait été observée.
Selon Viviane Dupuy-Christophe, présidente déléguée de la commission de surendettement, ce phénomène pourrait être attribué à un retard dans les demandes. Les habitants de Lot-et-Garonne ont d'abord épuisé leurs réserves personnelles et sollicité l'aide de leur entourage avant d'envisager de déposer un dossier. « Le dossier de surendettement peut offrir une seconde chance, mais il est souvent difficile pour beaucoup de franchir le pas », a-t-elle commenté.
La nature des dettes
Les dettes de charges courantes, notamment celles liées à l'énergie, représentent une part significative des dossiers : 25 % des 32 millions d'euros d'endettement des ménages dans le département. Par ailleurs, 32 % de ces dettes concernent les prêts immobiliers, tandis que le reste provient de dettes à la consommation. L'encours médian de l'endettement s'élève à environ 17 000 euros par dossier, et près de 42,5 % des foyers concernés ont un revenu mensuel inférieur à 1 122 euros.
Les personnes les plus touchées par ce phénomène, selon Dupuy-Christophe, sont souvent des ménages fragiles, notamment les personnes âgées et les familles monoparentales, en particulier les femmes. « Près de 50 % des dossiers déposés proviennent de ménages avec une capacité de remboursement négative », a-t-elle ajouté.
Pour remédier à la situation, la commission propose généralement un étalement des dettes, qui peut s'étendre sur une période de sept ans. En 2025, le montant des dettes effacées s'est élevé à 7 millions d'euros, représentant 22,5 % du total des montants concernés.
À noter qu’un faible nombre de dossiers déposés sont considérés comme irrecevables. Cela inclut les travailleurs indépendants n'ayant pas encore été radiés ainsi que ceux qui n'ont pas suivi les recommandations faites lors de précédents dépôts. Ainsi, le Lot-et-Garonne se retrouve confronté à un enjeu crucial pour le bien-être de ses habitants, nécessitant une attention accrue des autorités.







