La colère des pêcheurs des Vosges face à la prolifération des cormorans

Les cormorans s'invitent dans les Vosges, suscitant l'ire des pêcheurs et des enjeux écologiques.
La colère des pêcheurs des Vosges face à la prolifération des cormorans
L'Ile-Saint-Denis, le 30 octobre. La zone Natura 2000 accueille notamment le martin pêcheur et le sterne pierregarin. La pointe de l'île, fermée au public est le deuxième plus important dortoir de grands cormorans, en petite couronne.

Aux abords des rivières vosgiennes, la désespérance des pêcheurs se fait sentir. Cet oiseau, connu pour ses habitudes maritimes, s’est métamorphosé en un étranger indésirable sur les rivières et étangs locaux. Jean-Louis Mougin, président de l’association agréée de pêche d’Épinal, exprime son indignation : « Il est incroyable qu’en tant que pêcheurs, nous soyons soumis à des restrictions pendant que les cormorans profitent de nos ressources aquatiques comme ils l’entendent. »

Cette inquiétude n’est pas isolée. De nombreux pêcheurs de Loraine, tout comme leurs collègues en région Grand Est, ressentent cette pression croissante. Des fédérations de pêche s’alarment même d’une possible baisse d’adhésion, conséquence de ce ras-le-bol face à la concurrence des cormorans.

Un facteur aggravant pour nos cours d’eau en détresse

Depuis les deux dernières décennies, les pêcheurs notent une dégradation inquiétante des populations piscicoles due à cette espèce classée protégée. Certaines associations de protection de l’environnement se sont opposées aux propositions de régulation par le tir, bien que des exceptions aient été reconnues par l’État dans certains secteurs. M. Mougin se montre pragmatique : « Le tir pourrait bien être la solution incontournable pour réguler leur nombre. »

Un propriétaire d’étang près de Xertigny, qui préfère garder l’anonymat, explique : « Avant l’installation des cormorans, je récoltais en moyenne 1,2 tonne de poissons. Désormais, c’est à peine 500 kilos. Le cormoran est un facteur aggravant pour la santé de nos rivières. »

Michel Balay, président de la fédération de pêche des Vosges, affirme que la consommation d'une quantité alarmante de poissons menacerait même certaines espèces locales, telles que l’ombre commun. Il souligne un chiffre révélateur d'une station à Saint-Amé, où le nombre d’ombres a chuté de 200 à... 7 en l’espace de quatre ans. En hiver dernier, on estime à près de 24 tonnes le poids des poissons engloutis par ces oiseaux dans les rivières et étangs de particuliers, et selon Jean-Louis Mougin, ce chiffre pourrait être bien inférieur à la réalité.

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