La vedette de la SNSM de Capbreton, remplaçante du navire landais en cours de remise à niveau, gronde doucement le long du quai réservé à l’association ce jour-là. Cet hiver a été marqué par des conditions météo difficiles, limitant les sorties et ralentissant les activités de plaisance. Hormis un jet-ski en panne le 23 février, les missions de sauvetage se sont comptées sur les doigts d'une main.
Ce mercredi matin, la mission est plus inhabituelle pour les bénévoles de la station de sauvetage : « Nous faisons entre 30 et 35 sorties de sauvetage par an. Le reste concerne des missions de service telles que prélèvements ou dispersion de cendres. Aujourd’hui, la mairie de Capbreton nous a contactés pour relâcher des oiseaux récupérés après les tempêtes », explique Jean-Christophe Limoux, un des responsables de la station.
Les bénévoles sont désormais prêts à embarquer. Selon Laura Labarthe, directrice de l’association Paloume, « ce matin, nous relâchons trois macareux et un pingouin torda, transportés par la SNSM. Ces oiseaux ont été recueillis après la tempête Nils, échoués sur plusieurs plages des Landes, notamment à Capbreton, Mimizan et Moliets. Ils avaient été récupérés il y a plus d’une semaine, en très mauvais état. »
Les oiseaux, pris en charge en hypothermie avec un plumage non étanche, avaient souffert de plusieurs jours sans nourriture. « Malheureusement, beaucoup d'oiseaux n'ont pas survécu. Ils doivent être relâchés au large pour retrouver leur colonie sans trop de dépense d'énergie », ajoute Laura Labarthe.
Laura précise également que « la situation rappelle le grand nombre d’oiseaux pris en charge après la tempête de 2014, où environ 600 à 700 spécimens étaient accueillis en un mois. Si l'on parvient à sauver 10 à 20 % d’entre eux, c'est déjà un succès. » Des conditions fragiles, où chaque détail peut faire la différence : « Le stress, les maladies et l'absence de nourriture aggravent leur état. Une prise en charge rapide est essentielle », insiste-t-elle.
Un appel aux dons pour sauver davantage d'oiseaux
Cette opération relâche ne dure qu'une heure, le temps de se rendre au-dessus du Gouf, là où les oiseaux marins se regroupent. Chaque relâché est une victoire pour les équipes de Paloume. « Nous avons initié une cagnotte suite à la tempête. Notre matériel nécessite un renouvellement, particulièrement pour les zones de soins », explique Laura. Malgré le soutien des collectivités, elle souligne l'importance de diversifier les financements pour garantir l'avenir de leur mission.
Cette journée de relâchement réaffirme l'engagement de l'équipe face à des intempéries imprévisibles et éprouvantes. « Cela fait du bien, surtout pour ceux qui ont travaillé sans relâche pour soigner les oiseaux pendant un mois », conclut Laura, apportant une note d'espoir.







