La crise sanitaire a provoqué un creusement impressionnant du déficit de l’Agirc-Arrco, le portant à 4,8 milliards d’euros en 2020. Ce régime, qui venait tout juste de sortir de la zone rouge un an plus tôt, fait face à des défis inédits.
Un contexte économique défavorable
La conférence de presse de mardi 16 mars a révélé l'ampleur des difficultés financières rencontrées par l’Agirc-Arrco. La pandémie de covid-19 a non seulement impacté l’emploi, mais a également causé une chute des ressources du régime. En effet, les cotisations provenant des salariés et des entreprises ont diminué de 5,5%, entraînant une perte de 3,9 milliards d'euros de recettes. En 2020, 8,8 millions de travailleurs ont été placés en activité partielle, ce qui a suspendu leurs cotisations tout en maintenant les droits à la retraite.
Parallèlement, le montant des pensions versées a continué d’augmenter, atteignant 85,4 milliards d’euros. Cette juxtaposition entre des ressources en forte baisse et des dépenses croissantes a conduit à un déficit technique de 6 milliards d'euros. Heureusement, 1,2 milliard d'euros en produits financiers issus des réserves de sécurité du régime ont permis de réduire le déficit total à 4,8 milliards d'euros.
Quelles garanties pour l’avenir ?
Pour faire face à ce déficit, l’Agirc-Arrco a dû puiser dans ses réserves financières, mais celles-ci restent solides, s'élevant à 61 milliards d’euros à la fin de l'année 2020. Ce montant équivaut à neuf mois de pensions et, selon le président Didier Weckner, offre de bonnes bases pour l'avenir.
En 2015, des mesures drastiques avaient été mises en place pour préserver ces réserves, avec un gel des pensions pendant plusieurs années suivi d'une revalorisation limitée. En outre, un malus de 10% appliqué sur les nouvelles pensions incite désormais les travailleurs à prolonger leur activité. Les partenaires sociaux ont fixé une règle de surveillance des réserves : elles ne doivent pas tomber en dessous de six mois de pensions, garantissant ainsi une gestion proactive du régime.
Les dirigeants de l’Agirc-Arrco, en collaboration avec les syndicats, surveillent attentivement la situation financière en 2021 et espèrent un rebond économique substantiel, désormais prévu par la Banque de France à 5,5% pour le second semestre. Un retour à la normale demeure crucial pour assurer la pérennité du régime de retraites.







