Alors que l’inflation grimpe et que les coûts de l'énergie et des produits alimentaires explosent, de nombreux foyers, surtout parmi les plus modestes, cherchent de nouvelles façons de se nourrir convenablement. Dans le même temps, les agriculteurs voient certains de leurs fruits et légumes, souvent à cause de conditions climatiques défavorables, rester non récoltés dans les champs. Ces pertes symbolisent un gaspillage alimentaire colossal et créent une opportunité pour le glanage.
Qu'est-ce que le glanage ?
Le glanage désigne la collecte de céréales, fruits ou légumes laissés dans les champs après la récolte, avant qu'ils ne soient perdus. Bien que cette pratique soit ancienne, elle a été formalisée pour la première fois au 16e siècle, par un édit royal de Henri II, qui continue de s'appliquer. Cet édit permettait aux personnes vulnérables, comme les personnes âgées ou handicapées, de glaner, tandis que les individus en bonne santé en étaient exclus.
Ce droit historique s’exerce sous certaines conditions :
- sur des terres non clôturées,
- après la récolte,
- uniquement de jour (entre le lever et le coucher du soleil),
- sans outils,
- en quantités restreintes pour une consommation familiale,
- à condition qu'aucun arrêté municipal ne prohibe cette pratique.
Des contrevenants à ces règles s’exposent à des sanctions, bien que la jurisprudence récente tende à ne pas assimiler le glanage à un vol, comme l’a confirmé un arrêt de la Cour de cassation.
Le glanage dans les champs et dans les villes
Avec la montée des préoccupations autour du gaspillage alimentaire, le glanage retrouve un regain d'intérêt. Les enseignes de distribution, de plus en plus, jettent les aliments proches de leur date limite, tandis que le glanage s'intensifie dans les milieux urbains où les déchets alimentaires deviennent des ressources.
En 2000, la réalisatrice Agnès Varda a exploré ce phénomène dans son documentaire "Les Glaneurs et la Glaneuse", présentant divers portraits de Français qui pratiquent le glanage pour des raisons sociales et éthiques. Comme confirmé par une réponse ministérielle de 2017, le glanage se distingue clairement d'autres actions comme :
- le maraudage, qui est le vol de produits cultivés,
- le grappillage, qui consiste à récolter ce qui reste sur les plants,
- le râtelage, impliquant l'utilisation d'outils pour la récolte.
Malgré ces distinctions, le glanage, lorsqu'il est pratiqué correctement, peut être effectué tant à la campagne qu'en ville. Les associations locales peuvent fournir des informations précieuses, tout comme les agriculteurs dont les cultures offrent une seconde chance à des produits souvent négligés.







