Le steward est de retour
Le steward fait à nouveau parler de lui. Temps de lecture : 3 min 57. Plusieurs lecteurs m'ont demandé des nouvelles de cet inimitable personnage. Certains ont même remis en question son existence. Pour éclaircir les choses : oui, le steward, emblème de notre compagnie nationale, est bien réel. Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents, rappelons que ce personnage, issu de la France éternelle, est aussi inattendu qu'un super-héros maniant le tire-bouchon, friand de fromages et de charcuteries, fou de bal musette, et ayant livré des messages gastronomiques inoubliables avant d'être mis à l'écart à un moment clé.
Lors d'une soirée mémorable, je l'ai retrouvé, bonnet enfoncé, sur le quai de la gare de Sens. Il m'a proposé une adresse incontournable pour nourrir sa passion culinaire : le restaurant de Patrick Gauthier, la Madeleine (1, rue Alsace-Lorraine ; 03 86 65 09 31). Ce repas fut une véritable ode à la gastronomie française. Depuis, Gauthier ne cesse de solliciter ma présence et de dénicher des lieux à explorer. Après avoir visité des villes comme Vierzon ou Béthune, nous nous sommes arrêtés à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire), tout près de Saint-Étienne.
À chaque escapade, notre schéma habituel se répète : deux chambres dans un modeste hôtel deux étoiles pour 40 euros par nuit. L'hôtellerie française peut parfois offrir des expériences cocasses : des voisins bruyants, des matelas usés, des lumières au néon. Puis, bien sûr, la découverte d'une table raffinée cachée : cette fois-ci, direction le Neuvième Art (place du 19-Mars-1962 ; 04 77 55 87 15 ; prévoir 70 euros), où le cadre d'ancienne gare réaménagée promettait une belle soirée, avec un service irréprochable. Cependant, en dégustant les plats, on réalise que la tendance actuelle privilégie les présentations minimalistes : des portions ridiculement petites, à l'image de tartares d'huîtres ou de salades servies dans des contenants étriqués.
Les plaisirs culinaires se révèlent parfois déroutants, avec des astuces empruntées à des chefs célèbres, comme cette fragrance « pschitt », imitant l'odeur des sapins, vaporisée au-dessus des plats. En revanche, le pain et les fromages sont heureusement épargnés de ces excentricités. En rentrant à l'hôtel, il reste une dernière surprise : une pâtisserie du Chardon Bleu, étonnante avec son design futuriste, se tenait sur notre chemin, ajoutant une touche d'irréalité à cette soirée déjà mémorable.







