Dans une annonce marquée par une forte insatisfaction, Ryanair a révélé vendredi que sa flotte basée à Berlin serait relocalisée, réduisant de moitié ses vols au départ et à destination de la capitale allemande. Cette décision, qui prendra effet dès le 24 octobre, fait suite à des hausses jugées excessives des taxes aériennes.
Ryanair, la première compagnie aérienne européenne en termes de passagers, a déclaré qu'il n'y aurait plus que 50% des vols habituels pendant la saison hivernale. En chiffres, cela signifie une chute à 2,2 millions de passagers, loin des 4,5 millions que la compagnie transportait auparavant.
Évoquant sa stratégie, la compagnie a confirmé que les sept appareils encore stationnés à Berlin seraient redéployés vers des pays européens qui ont allégé leurs taxes aériennes, comme la Suède, la Slovaquie, l'Albanie ou l'Italie.
"Nous avons été contraints de cette décision à cause de la dernière augmentation de 10% des taxes aéroportuaires, qui s'ajoute à une hausse significative depuis 2019", a déclaré Eddie Wilson, le directeur général de Ryanair, qui a critiqué le "stupide régime fiscal" de l'Allemagne en matière de transport aérien.
Des réactions mitigées en France face aux menaces de Ryanair
Cette déclaration s'inscrit dans un contexte où Ryanair a déjà pris des mesures similaires en France et en Belgique. En janvier, la compagnie avait également dénoncé des hausses de taxes « stupides » en Belgique pour justifier sa réduction de services, notamment sur son aéroport central de Charleroi.
Il est à noter que le secteur aérien souffre actuellement d'un double choc : la flambée des coûts et la frilosité des clients, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient. Cependant, Ryanair semble minimiser ces impacts dans ses explications.
Avec le recul de nombreuses bases en Allemagne, notamment à Francfort, Düsseldorf et Stuttgart, la compagnie a annoncé avoir cessé ses opérations dans plusieurs aéroports régionaux, tels que Dresde et Leipzig. En France, Ryanair a déjà mis fin à ses opérations dans les aéroports de Bergerac, Brive, Strasbourg et Vatry, laissant planer le risque de nouvelles réductions d'ici 2026.
Face à ces menaces, le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son agacement. "Je n'accepte pas ce mode de pression", a-t-il déclaré, conseillant à Michael O'Leary, le PDG de Ryanair, de se concentrer sur l'amélioration des services à ses clients plutôt que de critiquer la politique fiscale française.







