Sept ans après le début du mouvement des gilets jaunes, le rond-point près de l'ancien Colruyt à Moyeuvre-Grande (Moselle) a accueilli un rassemblement éprouvant. Hier, seulement quatre manifestants se sont réunis pour contester l'augmentation des prix de l'essence, qui frôle désormais les 2 euros le litre. Un contraste frappant avec les grandes manifestations de 2018.
Sébastien, l'un des anciens manifestants présents, observe avec mélancolie ce qu'est devenu ce lieu autrefois vibrant de couleurs. "Tout ici, c'était animé par des drapeaux et des pancartes. Aujourd'hui, il ne reste rien, seulement quelques rassemblements marginaux", déplore-t-il. À l'époque, l'augmentation du prix de l'essence avait suscité une mobilisation massive, mais aujourd'hui, bien que les prix aient atteint des sommets, la colère ne trouve plus écho dans la rue.
Les manifestants, bien qu'informés de ce rassemblement, semblaient désabusés. "Les gens n'y croient plus", commente Sébastien, exprimant l'apathie généralisée vis-à-vis de la situation actuelle.
Je ne m'en sors plus
Angélique, une aide à domicile, dépend entièrement de sa voiture pour exercer son métier. Elle est particulièrement touchée par la montée des prix des carburants. "Avant, je mettais 60 euros pour faire le plein; maintenant, c'est 80 euros, voire plus. Je dois réduire mes sorties pour rester à flot", raconte-t-elle. Son gilet jaune, marqué d'anciennes inscriptions, témoigne de son engagement, mais elle ressent un profond désespoir face à la dégradation de son pouvoir d'achat.
"C'était à 1,50 euro, et maintenant on frôle 2,20 euros. Personne ne sort pour s'en plaindre. Peut-être qu'ils attendent que le litre atteigne 5 ou 10 euros", s'inquiète-t-elle. Dans ce contexte, elle estime que ce sont les classes moyennes qui souffrent le plus, tandis que ceux ayant plus de ressources continueront à circuler sans problème.
Un soutien des automobilistes
Malgré la morosité ambiante, Angélique garde le sourire et refuse de se laisser abattre. "On essaie de continuer le combat pour notre pouvoir d'achat et celui des générations futures", déclare-t-elle, pleine de détermination. Quelques signes de solidarité se manifestent à leurs côtés; des automobilistes klaxonnent en passant et même une conductrice s'arrête pour leur offrir des glaces à l'eau, un geste symbolique qui rappelle que la lutte, bien que réduite, n'est pas complètement éteinte. "Nous serons là le samedi prochain pour continuer notre combat", conclut l'un d'eux, essayant de raviver l'enthousiasme perdu.







