Pendant des années, l’île de Makri a représenté une aspiration réservée aux plus riches. Posséder une île, comme Richard Branson dans les îles Vierges britanniques ou Leonardo DiCaprio au Belize, symbolisait le summum du luxe. Cependant, derrière les promesses d'un "actif de premier choix" et d'un potentiel hôtelier cinq étoiles, la réalité des difficultés administratives et environnementales a vite rattrapé cette vision idyllique. L’île, autrefois évaluée à 8 millions d’euros, sera mise aux enchères en novembre 2026 pour un prix de départ de seulement 247 000 euros.
Emplacement privilégié au large de la Céphalonie, à seulement 24 km d’Ithaque — l'île légendaire d'Ulysse dans les écrits d'Homère — Makri s'étend sur environ 98 hectares et offre plus de sept kilomètres de côtes. Elle est également bien située par rapport à d'autres destinations touristiques prisées telles que Corfou et Zante. Malgré son attrait, l’île est devenue pratiquement inexploitable, en partie à cause d'une nouvelle expertise qui a révélé de sérieuses restrictions environnementales. Classée comme une forêt privée intégrée à des zones naturelles protégées, les possibilités de construction y sont extrêmement limitées.
Un scénario de rêve devenu réalité amère
Selon les informations du média grec Proto Thema, une première vente aux enchères avait été prévue en juillet 2022, avec un prix de départ de 8 millions d'euros, basé sur une évaluation de 2021. Pourtant, sans obstructions significatives à l'exploitation, l'évaluation initiale s'est vite heurtée à la réalité. Les restrictions environnementales, longtemps sous-estimées, rendent l'île difficilement exploitable. C'est pourquoi, quelques mois après, le prix de l'enchère a été révisé à 296 000 euros. Aujourd'hui, il est d'un montant encore plus modeste : 247 000 euros. La situation légale s'est compliquée avec des contentieux liés à de modestes créances.
Actuellement, Makri ne figure plus sur le site Private Islands Inc., mais est toujours affichée à 8 millions d’euros sur Island Seeker. Ce décalage entre le rêve annoncé et la réalité sur le terrain explique en grande partie cette dévalorisation spectaculaire.
Ressources limitées et réglementations strictes
En ce qui concerne les infrastructures, l'île est pratiquement dénuée de toute installation moderne. On y trouve une vielle maison en ruine, une citerne et une chapelle, mais aucun accès adéquat à l'électricité ou à l'eau. Les réglementations sévères interdisent tout développement majeur, et seuls des usages limités comme l'agriculture ou le pâturage sont permises. Ainsi, les futurs acquéreurs ne peuvent s'attendre à transformer Makri en un complexe hôtelier de luxe.
Une tendance croissante sur le marché des îles privées
La situation de Makri reflète une tendance plus large dans le marché international des îles privées. De nombreux acheteurs recherchent des territoires isolés pour un retour à la nature, la promesse d'une "digital detox" et un espace loin des foules. Cependant, ces aspirations se heurtent aux réglementations environnementales de plus en plus strictes. En Grèce et ailleurs, les zones protégées se multiplient, rendant l'acquisition de propriétés insulaires à la fois attrayante et complexe.
À 247 000 euros, acquérir une île peut sembler réalisable, mais il est essentiel de considérer ce qu'implique réellement la possession d'un bien sous des règlements stricts, tous les investisseurs doivent effectuer une diligence raisonnable approfondie pour éviter de se retrouver avec une ruine plutôt qu'une île de rêve.







