Y Schools à Troyes passe sous pavillon britannique : une nouvelle ère pour l'enseignement supérieur

Le groupe Global University Systems reprend Y Schools à Troyes, promettant des horizons nouveaux.
Y Schools à Troyes passe sous pavillon britannique : une nouvelle ère pour l'enseignement supérieur
Le campus Brossolette (pour l'école supérieure de commerce et de management et l'école supérieure de tourisme) et le Campus Saint-Martin (pour l'école supérieure de design) ont séduit des investisseurs britanniques. LP/Jonathan Sottas

La scène éducative troyenne a récemment été bouleversée par la reprise des différentes filières d’enseignement supérieur de Y Schools par le géant mondial Global University Systems (GUS), une décision finalisée par le tribunal de commerce de Troyes. Ce transfert marque une étape cruciale dans l’avenir du pôle éducatif, avec des enjeux susceptibles de réajuster le paysage académique local dès l’été prochain.

Cette validation, obtenue le 21 mai, touche notamment la South Champagne Business School, l’École Supérieure de Tourisme, ainsi que l’école supérieure de design et l’École Internationale du Management et de l’Entrepreneuriat située au Cameroun. Ces évolutions rassurent déjà les étudiants et leurs familles concernant les admissions et l’avenir de leurs parcours.

Un ancien ministre des Universités comme interlocuteur

Les discussions ont débuté durant l'été 2025, se transformant en négociations exclusives après l'annonce du redressement judiciaire en mars. GUS, basé à Londres et implanté dans plusieurs pays comme les États-Unis, l'Allemagne et le Canada, compte plus de 174 000 étudiants en formation traditionnelle et 20 millions d'apprenants en ligne via FutureLearn. Julien Renoult, le directeur général de Y Schools, souligne l'importance de cette première acquisition significative du groupe en France.

Aaron Etingen, président fondateur de GUS, a commencé avec seulement 24 étudiants en 2003 et a depuis bâti un empire éducatif à travers une croissance organique et des rachats. « L’idée est de se développer ensemble », précise Renoult. Cette approche repose sur les valeurs d’excellence et d’innovation, éléments essentiels pour leur collaboration future.

Des échanges avec Jo Johnson, ancien ministre des Universités au Royaume-Uni et frère de Boris Johnson, ont accru l’intérêt pour ce partenariat. Renoult fait l’éloge de Johnson, signalant sa compréhension approfondie des standards académiques.

Des diplômes reconnus, un gage de sérieux

Les atouts de Y Schools, notamment ses équipes compétentes et ses offres diversifiées, ont captivé les investisseurs britanniques. Tony Thuillier, directeur marketing, souligne la diversité des programmes allant des affaires aux secteurs créatifs et au tourisme, tout en mettant en avant la reconnaissance officielle des diplômes par le ministère de l’Enseignement supérieur comme un indispensable pour GUS.

Les infrastructures troyennes, comme le campus Brossolette et l’ancien site de l’abbaye Saint-Martin-ès-Aires, ont également séduit GUS, soutenue par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Troyes.

Une reprise qui ouvre des perspectives à l’international

Dans un contexte de concentration des établissements d'enseignement supérieur, l’offre de GUS constitue une avancée tangible pour Y Schools. Renoult affirme qu’avec chaque acquisition, GUS a toujours réussi à pérenniser et développer les établissements concernés. Ce partenariat doit enrichir l'expérience étudiante à Troyes tout en épaulant une ouverture à l’international.

Le premier objectif sera de stabiliser et renforcer les ressources disponibles pour les étudiants, notamment après une période troublée, comme l’indique Séverine Nomdedeu, directrice de la formation initiale. Actuellement, l’équipe en place demeurera, même si des licenciements dans l’administration sont à prévoir, conséquence des synergies avec GUS.

Néanmoins, d’autres projets pour Y Schools, comme l’école de la 2e chance et les formations professionnelles, sont encore dans l’incertitude, puisque ces institutions ne sont pas reprises par GUS et se trouvent toujours sous le coup d’un redressement judiciaire. Leur destin sera révélé entre juin et juillet 2026, et Nomdedeu assure que l’avenir de ces activités reste une priorité.

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