Bonneval Emergence a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux administratifs de Nîmes et de Nancy, remettant en question les décisions préfectorales qui permettent à Nestlé Waters d'utiliser des méthodes de filtration controversées pour ses marques emblématiques, telles que Perrier, Contrex et Vittel. Cela a été confirmé par une récente déclaration de l'entreprise savoyarde.
Cette initiative juridique, visant à dénoncer ce que Bonneval considère comme un «excès de pouvoir», fait suite à des recours gracieux formulés en février auprès des préfectures concernées. Le directeur général de Bonneval, David Merle, a déclaré : «Notre engagement est de garantir le respect des normes strictes liées aux eaux minérales naturelles».
Merle a également souligné que «les pratiques actuelles remettent en cause la définition même de l'eau minérale naturelle». Pour sa part, Nestlé Waters a choisi de ne pas commenter les aspects judiciaires du dossier, tandis que les autorités préfectorales maintiennent que les méthodes utilisées par Nestlé répondent à la législation en vigueur.
Le géant agroalimentaire, déjà sous le feu des critiques depuis qu'il a admis en début d'année avoir utilisé des traitements prohibés, a changé de stratégie. Nestlé a opté pour une microfiltration à 0,2 micron, une mesure qui a soulevé des questions quant à la conformité aux critères de l'eau minérale naturelle, qui, en principe, ne doit pas subir de traitements altérant ses caractéristiques essentielles.
Actuellement, la situation s'est encore complexifiée, car Nestlé a dû déposer de nouvelles demandes d'autorisation pour continuer à utiliser l'étiquette «eau minérale naturelle». Fin 2025, ces autorisations ont été accordées, suscitant des préoccupations parmi les concurrents et les défenseurs des normes sanitaires.
Avec ce nouveau recours, Bonneval Emergence espère obtenir clarification et justice. Selon plusieurs experts du secteur, cette bataille pourrait avoir des répercussions significatives sur l'industrie des eaux embouteillées en France, un sujet déjà épineux qui pourrait influencer la confiance des consommateurs.







