Trois ans après les grèves qui avaient perturbé la production, les représentants des studios et des artistes ont trouvé un point commun lors des négociations sur un accord salarial, comme l’explique le négociateur principal du syndicat, Duncan Crabtree-Ireland.
Si les discussions ont été "les plus intenses", le climat s'est vu teinté de collaboration, a-t-il affirmé lors d'un entretien accordé à l’AFP. Duncan Crabtree-Ireland, figure emblématique du syndicat américain des acteurs, qui compte plus de 160.000 membres, a précisé que ces échanges ont permis de "rétablir une relation constructive entre studios et syndicats".
"Ces grèves, bien que difficiles, ont été un catalyseur de changement positif," conclut-il.
Les répercussions des grèves de 2023
Les scénaristes, appuyés par les acteurs, avaient décidé de déclencher une grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail et une réglementation de l'intelligence artificielle. Cette démarche avait interrompu la production de nombreuses œuvres durant des mois.
Les studios et plateformes déclarent à présent avoir acquis une meilleure compréhension des préoccupations relatives à l'IA exprimées par les membres du syndicat, s'accordant sur le fait que l'essentiel du travail doit rester humanisé.
Cependant, des appréhensions persistent concernant l'IA, notamment en raison des avancées technologiques réalisées au cours des dernières années. Duncan Crabtree-Ireland évoque le cas de Tilly Norwood, un personnage généré par IA qui a suscité un vif intérêt lors de son apparition dans un court-métrage en 2025.
Établir des protections autour de l'IA
Le nouvel accord ne rejette pas l'IA, mais institue des protections spécifiques contre certaines de ses applications, que Duncan Crabtree-Ireland classe en deux types distincts.
En premier lieu, il aborde les répliques numériques, où l'IA est utilisée pour "reproduire un artiste vivant ou décédé". Dans cette optique, un consentement et une rémunération équitable sont nécessaires, souligne-t-il.
Ensuite, il évoque les répliques synthétiques, engendrant des personnages entièrement conçus via IA, sans lien avec une personne réelle. Dans ce cas, aucun accord ni rémunération n'est requis, car ces créations ne représentent pas un individu identifiable.
L'accord précise que les répliques synthétiques doivent être utilisées "uniquement dans des circonstances particulières ou exceptionnelles".
Bien qu'il n'y ait pas d'interdiction totale, cet accord impose des conditions dissuasives quant à leur utilisation. De plus, il y a des mesures empruntées au secteur du doublage pour garantir que la voix d'un acteur principal ne puisse pas être reproduite dans d'autres langues sans approbation.







