"Je ne suis pas la voleuse du siècle". C'est par ces mots qu'Isabelle Adjani s'est défendue, mercredi 1er avril à Paris, lors de son procès en appel pour fraude fiscale. L'actrice, qui se dit victime d'escroqueries répétées, a affirmé être "une proie" parmi d'autres.
"Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Heureusement, car ça aurait été désastreux. J'ai la phobie des papiers", a-t-elle déclaré à la cour, visiblement émue.
En 2023, Isabelle Adjani avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 250.000 euros pour avoir déclaré faussement sa résidence fiscale au Portugal entre 2016 et 2017, dissimulant également une donation sous forme de prêt. L'artiste a précisé qu'elle avait confié l'administration de ses affaires à des professionnels, rejetant ainsi la responsabilité sur ses conseillers fiscaux.
Elle a aussi évoqué les trahisons de ceux qui, selon elle, l'ont trompée : son ancien partenaire, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle a accusé d'avoir causé la mort de sa mère par euthanasie.
Proie idéale
Face à l'incapacité de l'actrice à chiffrer le montant de ses impôts, la présidente du tribunal, Pascaline Chamboncel-Saligue, a souligné que l'artiste semblait avoir d'autres priorités que ses finances. "Je me rends compte que je suis la proie idéale", a admis Adjani, visiblement en souffrance. Un conseiller fiscal était censé l'assister, mais elle a avoué ne pas avoir su évaluer ses compétences.
Résidant temporairement au Portugal, Adjani a précisé que ses affaires étaient géographiquement liées à ce pays, mais qu'elle n'y était pas ancrée. Son avocat, Me Ralph Boussier, a argumenté que l'artiste demeurait fiscalement résidente française.
La situation autour de sa vie fiscale est décrite comme un "habillage permanent" par l'avocat de la Direction générale des finances publiques. Elle conteste avoir cherché à dissimuler une donation nette de deux millions d'euros reçue d'un homme d'affaires, affirmant n'avoir jamais voulu frauder l'administration fiscale.
"Je ne vais jamais contourner l'impôt et me retrouver dans une situation d'illégalité", a déclaré l'actrice lors de l'audience, qui se poursuivra avec les réquisitions et les plaidoyers de la défense.







