Le procureur de Mulhouse a révélé, ce mercredi, des éléments troublants concernant la séquestration d'un garçon de 9 ans retrouvé dans une camionnette à Hagenbach. L'enfant aurait vécu dans ces conditions désastreuses pendant près d'un an et demi, cherchant à échapper à des tensions avec sa belle-mère. Son père, actuellement en détention, fait face à des accusations sévères qui pourraient lui valoir jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.
Les autorités ont été alertées par une habitante ayant entendu des “bruits d’enfant” émanant du véhicule, stationné dans une cour. Son intervention a révélé un enfant nu, dénutri et “en position fœtale sur un monticule de déchets, entouré d'excréments”. Selon les premiers rapports, l'enfant avait été enfermé pendant plus d’un an et demi, et il a depuis été hospitalisé à Mulhouse.
Une relation désastreuse avec la belle-mère
Le récit que l’enfant a partagé avec des enquêteurs spécialisés est d’une profondeur alarmante. Lors de ses interrogatoires, il a affirmé qu’il avait été “mis dans la camionnette” en septembre 2024, se considérant en situation de “sans choix”.
Évoluant dans une famille recomposée, il a qualifié sa belle-mère de “pire ennemie” et l’a décrite comme “méchante”. Il a révélé avoir été enfermé pour éviter son internement في un hôpital psychiatrique, conflit déjà soulevé par son père lors de son arrestation la semaine passée. Une voisine a également témoigné avoir entendu la belle-mère dire à son partenaire : “si tu ne fais rien, c’est moi qui vais placer ce gosse parce qu’il est intenable, je n’en peux plus”.
La famille parle d’un enfant "dur"
Selon les dires de l'enfant, son père lui fournissait de l’eau et de la nourriture froides à raison de deux fois par jour. Il n'avait accès à aucune hygiène de base, devant utiliser des bouteilles pour uriner et n'ayant ni pyjama ni brosse à dents. Ses vêtements étaient sales, mais son père veillait à vider les déchets régulièrement.
Le procureur Nicolas Heitz a noté que l’enfant ne souhaitait pas aller vivre avec sa mère, souffrant de problèmes mentaux. Des membres de la famille paternelle ont décrit l’enfant comme “dur”, “ayant des crises”, manifestant des séquelles psychologiques de la séparation de ses parents.
Sa sœur de 12 ans a également mentionné que son petit frère avait eu un “changement de comportement” avec la nouvelle compagne de son père, devenant violent et insistant sur le fait qu’il était en réalité interné sans que la famille ne le sache, à l'automne 2024.
Risques pénaux pour le père
Le père de l’enfant est sous le coup d'une détention provisoire. Les chefs d'accusation incluent la séquestration et la privation de soins, avec des peines potentielles atteignant 30 ans de réclusion criminelle. La belle-mère, de son côté, pourrait faire face à sept années de prison pour non-assistance à personne en danger et privation de soins à mineur, tout en niant les accusations portées contre elle.
La mère, de son côté, a connu une hospitalisation psychiatrique prolongée entre mai 2022 et janvier 2024, après la séparation du couple. Elle a cherché à obtenir l’autorité parentale, mais affirme ne jamais avoir pu exercer ses droits de visite au près de ses enfants.
Les enquêtes en cours devront déterminer la responsabilité de chacun et examiner s'il existait d'autres témoins de la situation sans que ceux-ci n'interviennent.







