Enfermé durant 18 mois dans une camionnette, sans accès adéquat aux soins quotidiens, un garçon de 9 ans a connu l'horreur. Il est actuellement hospitalisé à Mulhouse, tentant de se reconstruire après une expérience traumatisante. Cet enfant, objet de la cruauté paternelle, a témoigné auprès des gendarmes, qualifiant son parcours de "très, très longue histoire".
Le Dr Marilyne Baranès, psychologue spécialiste des traumas, a expliqué que l’enfant montre des capacités cognitives intactes, un facteur qui a certainement contribué à sa survie dans des conditions si terribles. Elle a souligné sur RTL l'importance de son mécanisme de raisonnement : "Il a dû se poser des questions pour comprendre ce qu'il vivait. Cela témoigne d'une résilience remarquable face à l'adversité".
L'expert a également mentionné que l'attachement à son père, malgré les maltraitances, a joué un rôle crucial dans sa survie psychologique. "C'est une loyauté traumatique", a-t-elle précisé. Ce phénomène, largement étudié dans la psychothérapie, montre comment un enfant peut idéaliser un parent maltraitant dans le but de gérer son trauma émotionnel.
Un long parcours de guérison
Malgré sa libération récente, l’enfant porte encore les stigmates de son enfermement. Le Dr Baranès évoque la nécessité d'un suivi psychologique intensif, qui pourrait s'étendre sur plusieurs années. "Il faudra le guider pour qu’il comprenne la toxicité de son attachement à son père", ajoute-t-elle.
Des troubles à long terme
Les experts anticipent également des séquelles graves. Selon le Dr Baranès, le garçon pourrait souffrir de troubles de l’attachement, de troubles post-traumatiques, ainsi que de retards dans son développement cognitif et social. L'enfant, décrit par ses grands-parents comme "dur", a aussi mentionné des relations difficiles avec sa belle-mère, qu’il considérait comme son "ennemie". Ce contexte familial délicat a sans aucun doute influencé son état psychologique.
Actuellement, son père, Mickaël G., est en détention provisoire, risquant jusqu'à 30 ans de réclusion, tandis que sa compagne pourrait faire face à 7 ans de prison pour non-dénonciation des abus. L'affaire continue d'ébranler la France, suscitant des discussions sur la détection précoce et la prévention des maltraitances à l'égard des enfants.







