Le 9 avril 2025, Antoine (nom d'emprunt) décide de conduire deux de ses jeunes enfants à la piscine. Sur le chemin du retour, il percute un piéton dans la rue André-Mitton, près du cinéma CGR de Pau. Son avocat, Maître Thierry Sagardoytho, évoque "un drame de la demi-seconde d'inattention".
Au moment de l'accident, le conducteur était sous le coup d'une suspension de permis, notifiée en février à la suite d'un contrôle positif au cannabis. En mai 2017, il avait déjà fait l’objet d’une peine similaire. Antoine assure n'avoir pas consommé de substances illicites le jour des faits, mais aucune preuve ne vient étayer son affirmation.
Un accident tragique sur le passage piéton
La victime, un bénévole de l’Élan Béarnais, traversait sur un passage piéton, « l'endroit où un piéton devrait être le plus en sécurité », déplore le procureur Richard Pineau. Le piéton a été retrouvé à dix mètres du lieu de l'accident. Fait troublant, le conducteur a d'abord prétendu être un simple témoin de l'accident en indiquant qu'un autre automobiliste avait pris la fuite.
« Depuis ce drame, je ne dors plus », a-t-il confié.
La victime, consciente mais dans l'incapacité de parler, a été secourue, mais elle est décédée le 23 avril des suites de ses blessures. L’audience a été marquée par des scènes poignantes, notamment l'effondrement de la fille de la victime, à peine vingt ans, qui pleure la perte de son père.
Le chauffard face à sa culpabilité
« Chaque jour, je pense à ce drame, à la victime, à sa famille. J'ai perdu mon emploi », a déclaré Antoine, maintenant suivi par une association d'aide. À la barre, il présente des excuses à la famille endeuillée, mais le procureur riposte : « Vous ne pouvez pas revendiquer le statut de victime ! »
Le tribunal, prenant en compte des circonstances aggravantes, a infligé une peine de 30 mois, dont 20 mois de sursis probatoire, et a ordonné au prévenu d'indemniser les parties civiles. Le frère de la victime et sa fille réclament des compensations financières respectives de 55 000 et 20 000 euros. La décision finale sera rendue en décembre.
(1) Le prénom a été modifié pour préserver l'identité de l'accusé.







