Un violon Stradivarius de 1719, dérobé par des soldats nazis dans un musée de Varsovie il y a près de quatre-vingts ans, pourrait avoir été aperçu lors d'une soirée musicale au festival de Pâques à Colmar, à la fin de mars. Selon des informations rapportées par L’Alsace, des éléments concordants renforcent cette hypothèse.
Le 31 mars 2026, au Musée Unterlinden, le violoniste Emmanuel Coppey a joué lors d’un événement intitulé « Ceci n’est pas un Strad », lequel visait à mettre en avant les sonorités de violons italiens tout en dégustant de grands crus. Ce concert, rendant hommage à la musique de Sibelius, a vu l'utilisation d'instruments d'exception, dont l'un serait un Stradivarius de 1719, selon L’Alsace.
Une grande probabilité
La mention de cet instrument a attiré l'attention de Pascale Bernheim, présidente de l'association Musique et Spoliations. Experte dans la traque des instruments volés durant la guerre, elle mène une enquête sur un Stradivarius connu sous le nom de « Lauterbach », volé en 1944 à Varsovie. Étant donné qu'il n'existe que neuf violons de ce type produits cette année-là, ses investigations s'appuient sur des recoupements, comme le rapporte Les Dernières nouvelles d’Alsace (DNA). À ce jour, seuls deux Stradivarius de 1719 ont une provenance incertaine.
« La probabilité que le violon volé soit celui présenté à Colmar est élevée », affirme Pascale Bernheim.
Un autre Stradivarius de 1719 ?
Mais que faisait cet instrument à la soirée de Colmar ? Pour Bernheim, la réponse semble évidente : Jean-Christophe Graff, luthier, aurait prêté son Stradivarius à l'organisateur de l'événement. Toutefois, ni Graff ni Emmanuel Jaeger, l’organisateur, nient la présence de l'instrument lors de la soirée.
On ne peut pas affirmer qu’il s’agit de ce fameux Stradivarius, d’autant plus qu’il existe un second modèle de 1719, dont la dernière mention remonte à 1950 en Russie. Bernheim insiste sur le fait qu'il s'agit bien du violon volé par les nazis : « Je ne comprends pas pourquoi certains affirment le contraire, cela ne remet pas en question mes convictions ». Le mystère sur l'origine de cet instrument demeure entier.







