Lors d'une soirée au musée Unterlinden de Colmar, un violon mystérieux a captivé l'attention des mélomanes et des passionnés d'histoire. Pour Pascale Bernheim, fondatrice de l'association « Musique et spoliations », cet instrument pourrait être le célèbre Lauterbach, volé en 1944 au Musée national de Varsovie. Selon Le Parisien, ce Stradivarius de 1719 a échappé à ses propriétaires depuis des décennies.
Un trésor de l’âge d’or des violons
Les experts soulignent que le violon présenté à Colmar semble dater de 1719, une année clé de la carrière d’Antonio Stradivari, qui a produit neuf violons cette année-là. Parmi eux, le Lauterbach et un autre violon, le Lautenschlager, demeurent introuvables. Les détails de construction concrets, comme l'utilisation d'une unique pièce de bois pour le dos, rapprochent l'instrument de Colmar du Lauterbach plutôt que du Lautenschlager. Les informations proviennent également d'un reportage de Dernières Nouvelles d’Alsace.
En 2017, Emmanuel Jaeger, l'organisateur de l'événement, avait aidé Pascale Bernheim à se rapprocher de Jean-Christophe Graff, luthier alsacien, afin de vérifier l’origine de son Stradivarius, lettres d'histoire à l'appui. En voyage en Pologne, Bernheim a pu tracer un fil historique jusqu’à Henryk Grohman, un industriel polonais qui avait acquis le violon en 1901, avant que ce dernier ne soit pillé par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.
Un violon aux origines sinueuses
Henryk Grohman, décédé sans descendance en 1939, a laissé l’instrument au Musée national de Varsovie, qui a été visité par les nazis en 1944. Ce n’est qu’en 1989 que le violon a ressurgi dans un magasin de Berlin-Est, revendiqué comme un modèle français. Après plusieurs expertises par des luthiers, il a été confirmé comme un véritable Stradivarius, prenant une valeur impressionnante d'environ 100.000 euros. Les descendants de Grohman, basés en Autriche et en Argentine, souhaitent désormais récupérer ce trésor.
Malgré l'excitation, Emmanuel Jaeger insiste : « Le violon présenté lors de notre concert à Colmar n'est pas le Lauterbach. » Cette déclaration laisse la porte ouverte à de nouvelles possibilités et voit un signe d'espoir pour les passionnés d'instruments de musique perdus et d'histoires à redécouvrir.







