L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé ce mercredi sur X qu’il avait été condamné à trois ans de prison en Algérie. Cette décision fait suite à des poursuites contre son ouvrage "Houris", primé par le Goncourt en 2024.
Dans ses déclarations, il qualifie cette situation de « fait unique dans l’histoire algérienne ». Sur les réseaux sociaux, il a précisé : « Le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril. Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars algériens (environ 146 000 euros), en vertu de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. »
Kamel Daoud visé par des mandats d’arrêts internationaux
En novembre 2024, un tribunal algérien avait déjà accueilli une plainte à l’encontre de l’écrivain et de son épouse, psychiatre, pour avoir utilisé l’histoire d’une de ses patientes dans son roman. Des recours ont été introduits, signalant également la détresse de Saâda Arbane, une survivante d’un massacre survenu durant la guerre civile algérienne.
Le roman "Houris", qui évoque des thèmes complexes de la foi musulmane, raconte l’histoire tragique d’Aube, une jeune femme mutilée par un acte de violence islamiste en 1999 à Oran. Interdit de publication en Algérie, l’ouvrage enfreint une loi qui prohibe les écrits relatifs à la décennie noire, période marquée par plus de 200 000 décès selon les estimations officielles.
A la suite de cette affaire, Kamel Daoud est également la cible de deux mandats d’arrêt internationaux, lancés par les autorités algériennes en mai 2025. Par ailleurs, son roman fait l’objet d’une enquête en France pour non-respect de la vie privée. Un expert en droits de l’homme a déclaré à France 24 que cette condamnation pourrait avoir des répercussions notables sur la liberté d’expression dans le pays.







