L'écrivain Kamel Daoud, figure de la littérature franco-algérienne, a révélé le 22 avril 2026 qu'il avait été condamné à trois ans de prison ainsi qu'à une amende de cinq millions de dinars algériens, suite à un procès concernant son roman Houris, qui a suscité de vives polémiques. Ce jugement a été rendu le 21 avril, à la suite d'une audience qui s'était tenue le 7 avril, selon les informations de BFM TV.
Kamel Daoud a exprimé sa profonde consternation sur le réseau social X, en dénonçant le caractère unique de cette décision dans l'histoire algérienne, affirmant : "Le texte réprime l'évocation publique de la guerre civile. Dix ans de guerre, près de 200.000 morts, et un seul coupable : un écrivain!".
En 2025, la justice algérienne avait lancé deux mandats d'arrêt internationaux contre l'auteur et son épouse, une psychiatre, pour violation de la vie privée d'une plaignante qui accuse le couple d'avoir intégré des éléments de sa vie dans Houris (Gallimard).
Histoire publique
La plaignante, Saâda Arbane, est une survivante d'un massacre survenu pendant la guerre civile algérienne. Dans une interview sur France Inter, Daoud a expliqué que "tout le monde connaît cette histoire en Algérie, surtout à Oran. C'est une histoire publique".
Il a poursuivi en déclarant : "Le fait qu'elle se reconnaisse dans un roman qui ne la cite pas est profondément déroutant".
Houris, qui fait référence aux jeunes filles promises au paradis dans la foi musulmane, narre une histoire tragique autour d'Aube, une jeune femme devenue muette après avoir été attaquée par un islamiste en 1999.
Le roman ne peut être publié en Algérie en raison d'une loi interdisant les œuvres traitant de la décennie noire, période tragique entre 1992 et 2002 qui a fait au moins 200.000 victimes, ce qui rend cette condamnation d'autant plus controversée.
À l'heure où la liberté d'expression est mise à mal, cette affaire soulève d'importantes questions sur l'avenir de la littérature et de l'écriture en Algérie.







