Suite à un cambriolage impressionnant survenu en octobre dernier, un rapport parlementaire a vivement critiqué l'ancienne direction du Louvre pour avoir sous-estimé les enjeux de sécurité. Le député Alexis Corbière, membre de La France insoumise, a appelé à plus de transparence et un renforcement des moyens alloués à la sûreté.
Le Louvre, plus grand musée du monde, semble avoir négligé sa propre sécurité. Après le vol de huit joyaux de la Couronne le 19 octobre 2025, ce rapport, dévoilé ce mercredi par Corbière, dénonce des choix stratégiques qui, selon lui, ont fait passer la sécurité au second plan au profit de l'ambition culturelle du musée. Cela malgré des avertissements réguliers concernant des failles de sécurité.
Des failles de sécurité déjà identifiées
Le cambriolage d'octobre a mis en lumière des décennies de négligence. D'après le rapport consulté par l'AFP, plusieurs précédents audits avaient déjà soulevé des inquiétudes quant à la sécurité du Louvre. En 2017 et 2019, des évaluations par des experts, dont ceux de Van Cleef & Arpels, avaient signalé des vulnérabilités majeures. Malgré cela, la direction n’a pas réagi de manière adéquate, ajoutant à la frustration exprimée par Corbière.
La sécurité reléguée au second plan
Corbière clame que les enjeux de sûreté ont été systématiquement négligés au bénéfice d’objectifs de visibilité. Cela rejoint les critiques de la Cour des comptes, qui avait déjà souligné la priorité donnée à des projets prestigieux plutôt qu’à la sécurité. Une enquête administrative, ouverte après le cambriolage, parlait également d'une sous-estimation chronique des risques.
Vers une nomination plus transparente des dirigeants ?
Pour remédier à ces dysfonctionnements, Corbière appelle à réformer la méthode de désignation des responsables des établissements culturels. Interviewé sur France Inter, il a exprimé son désir d'en finir avec un système qui lie trop étroitement les dirigeants au président de la République. Ce lien de dépendance, selon lui, nuit à la gestion autonome et efficace du musée.
Plus de moyens pour sécuriser les musées
Le rapport préconise également un renforcement des fonds de sécurité, initié après le cambriolage. Doté de 30 millions d'euros, ce fonds vise l'amélioration des dispositifs de sécurité dans les musées, mais Corbière appelle à un renforcement significatif des effectifs qui gèrent la sécurité, actuellement limités à seulement trois personnes pour plus de 1200 musées en France.
Le projet "Louvre Nouvelle Renaissance" remis en question
Enfin, sur le plan de la gestion des projets, Corbière s'interroge sur la viabilité du programme "Louvre Nouvelle Renaissance", lancé par Emmanuel Macron en 2025, destiné à accroître les visites et à rénover des espaces emblématiques. Il a mis en garde contre les dangers de surfréquentation que ce projet pourrait engendrer, tant pour les lieux que pour les conditions de travail du personnel.







