Cinq personnes ont tragiquement perdu la vie le 11 mai, dont trois dans un incendie criminel à Décines-Charpieu et deux lors d'une fusillade à Nice. Ces incidents semblent être des victimes collatérales des violences associées au narcotrafic. Fabrice Rizzoli, expert en grande criminalité, déclare : "Il est difficile de lutter contre ceux qui ne considèrent pas la vie comme précieuse."
Ce même lundi, trois individus ont trouvé la mort dans l'incendie d'un immeuble à Décines-Charpieu, près de Lyon, tandis que des tirs dans le quartier des Moulins à Nice ont causé la mort de deux personnes. Dans les deux affaires, les enquêteurs explorent sérieusement la piste des règlements de comptes entre narcotrafiquants. Cependant, les cinq victimes n'avaient apparemment aucun lien avec le trafic de stupéfiants. Fabrice Rizzoli, enseignant à Sciences Po et président de l'association Crim’HALT, insiste sur le fait que cette situation est liée aux nouvelles méthodes de recrutement privilégiées par les narcotrafiquants.
Franceinfo : A-t-on des données sur les victimes collatérales du narcotrafic ? Le nombre a-t-il augmenté ?
Fabrice Rizzoli : Bien que ce phénomène soit encore mal documenté, il ne fait aucun doute que les victimes innocentes existent depuis longtemps. Néanmoins, les récents conflits entre gangs comme la DZ Mafia et les Yoda ont attiré plus d’attention sur ces tragédies. Je crois qu'il y a effectivement davantage de victimes collatérales maintenant. Pour illustration, cinq décès près de Nancy après un incendie criminel en novembre 2025, sept à Nice en juillet 2024 sous des circonstances similaires, ainsi que les évènements récents à Nice et Décines, signalent une tendance inquiétante. Cela est en grande partie dû à l’usage accru des réseaux sociaux pour recruter, et un nouveau genre de jeunes, non professionnels du crime, employant une violence parfois débridée. Ce phénomène mérite une étude approfondie, y compris sur le plan sociologique.







