Minelli s'apprête à baisser définitivement le rideau. Ce mercredi 13 mai, la marque emblématique de chaussures a annoncé la fermeture de toutes ses boutiques en France, prévue pour le 30 mai. Les points de vente resteront ouverts jusqu'à cette date, alors que l'entreprise, qui se trouvait sous redressement judiciaire depuis deux mois, cède face à des difficultés croissantes. À l'heure actuelle, il ne reste plus que 25 magasins, avec des emplacements significatifs à Toulouse et Montpellier.
"C'est avec une immense tristesse que nous vous informons de la fermeture définitive de Minelli", a déclaré la marque sur ses réseaux sociaux. Les achats en ligne ne sont plus disponibles, et les boutiques se préparent à des ventes à prix réduits, atteignant jusqu'à -60%.
Depuis mars, Minelli avait déjà amorcé une procédure de redressement judiciaire ; il s'agit de la deuxième en près de trois ans, ayant déjà conduit à de nombreux licenciements. Malgré encore 86 salariés, la perte de 3,7 millions d'euros lors de l'exercice précédent n'a fait qu'accentuer son déclin.
Une gamme de prix prohibitive
Minelli, qui se spécialisait dans des chaussures de ville classées comme étant de gamme moyenne, proposait des prix variant entre 100 et 200 euros par paire. L'experte en consommation Hélène Sarfati-Leduc a déclaré à TF1 Info : "Il est devenu courant de se détourner vers des alternatives moins coûteuses, à l'heure où beaucoup préfèrent dépenser 50 euros pour une paire de chaussures qui remplira le même rôle". Ce constat s'explique par la concurrence de marques offrant des prix plus accessibles telles que La Halle ou Gémo.
L'histoire de Minelli
Fondée en 1973 à Gémenos, Minelli a rapidement gagné en popularité dans le secteur des chaussures et des accessoires. Intégrée au groupe Vivarte depuis 1985, elle a connu divers changements de direction avant d'être acquise en 2021 par Stéphane Collaert et Laurent Portella, puis en 2023 par un consortium d'investisseurs.
Cette fermeture souligne les défis auxquels font face de nombreuses enseignes de mode et de chaussures, comme San Marina et IKKS, dans un marché en pleine mutation, où 15% des achats de chaussures se font désormais en ligne. En l'espace de cinq ans, la France a enregistré une réduction de 23 % de son nombre total de points de vente de chaussures.







