Âgé de 37 ans, cet ostéopathe installé à Eschau depuis 2014 est poursuivi pour des viols commis sur des patientes dans le cadre de sa profession, ainsi que pour des agressions sexuelles. Selon le procureur, les actes ont été perpétrés par une personne abusant de l’autorité que sa fonction lui confère.
Le procès, qui s’achèvera le 12 juin, devrait non seulement aborder les circonstances de ces actes, mais aussi la question cruciale de la confiance que placent les patients dans les professionnels de santé. Une avocate des parties civiles a souligné que cette confiance sera l’un des sujets centraux des débats.
L'accusé, mis sous contrôle judiciaire, ne peut plus exercer son métier. Son avocat, Yves Sauvayre, a affirmé qu'il défendrait son innocence avec conviction, niant le caractère sexuel de ses actes.
Une première plainte en 2018
La première plainte contre lui date de 2018, mais l'enquête n'a réellement débuté qu'après qu'une patiente l'ait accusé de viol en octobre 2020. Les enquêteurs ont alors examiné son répertoire de patientes, permettant ainsi d’identifier d’autres victimes témoignant d’agissements inappropriés.
"Cette affaire révèle une violence profonde: ces femmes ont remis leur corps à un soignant, pensant que leur vulnérabilité serait protégée par l'éthique du soin. La confiance dans le thérapeute sera au centre des discussions", a déclaré Sendegul Aras, avocate de six parties civiles.
Sonia Bisch, présidente de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, a souligné que le sujet des violences par des professionnels de santé est encore tabou, mais qu'il est devenu plus visible ces dernières années. Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, a ajouté que les médecins sont désormais mieux formés pour obtenir le consentement éclairé des patientes.
"En aucun cas le viol ne fait partie du soin"
- Un défendant qui clame ne pas avoir eu d'intention sexuelle, selon Sonia Bisch, témoigne d'une désinformation : "Ce n'est pas parce qu'on consent à des soins qu'on consent à tout".
"Il y a une stratégie, chez les agresseurs professionnels, de laisser penser que ça fait partie du soin. Mais en aucun cas, le viol ne fait partie du soin", a noté Emmanuelle Piet.
Françoise Schlecht, avocate d'une patiente, attend également que l'accusé soit confronté à la quantification des témoignages sur ses comportements répréhensibles. La synchronicité des plaintes pose question sur l’exécution d’une procédure efficace.
Un seul huis clos
Habituellement, les procès pour viol se déroulent à huis clos. Cependant, aucune demande spécifique n'a été formulée pour ce cas, à part une demande partielle de huis clos d'une plaignante, souhaitant éviter le public lors de son audition.
"Ce qui préoccupait ma cliente, c'était que ce procès ait lieu, que l'accusé assume ses responsabilités après plus de cinq ans de procédure", a affirmé Anne-Sophie Wagnon-Horiot, avocate d'une autre plaignante.
Enfin, il est primordial pour les plaignantes que cette affaire puisse avoir un impact positif pour d'autres victimes potentielles, les incitant à se manifester et à dénoncer des comportements similaires.







