Après la marche blanche à Fleurance, où des milliers de personnes ont rendu hommage à Lyhanna, de nouveaux rassemblements sont prévus le 8 juin devant les tribunaux, notamment à Strasbourg, afin de faire entendre la colère face à l'impunité des pédocriminels. L'appel a été lancé par Mouv'enfants, un collectif engagé dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Ce lundi 9 juin, citoyens et associations se rassembleront à 19 heures devant les palais de justice pour exprimer leur indignation.
En Alsace, des rassemblements sont confirmés au tribunal de Strasbourg et d'autres sont organisés à Mulhouse. L'inquiétude est palpable, notamment lorsque l'on considère que le principal suspect dans cette affaire a déjà fait l'objet de plusieurs signalements pour des actes de viol et d'agressions sexuelles, comme l'a rapporté ici.fr.
Une enquête est en cours pour examiner les éventuelles erreurs dans la procédure judiciaire, en particulier concernant une plainte pour viol déposée en 2025. Les professionnels de la protection de l'enfance, comme Grégory Thuan, avocat à Strasbourg, soulignent l'importance d'entendre rapidement les victimes et d'assurer l'efficacité des enquêtes. "Faire une enquête rapide et donner priorité à l'écoute de l'enfant sont essentiels pour assurer la crédibilité de la justice," affirme-t-il.
Mieux prendre en compte la parole de l'enfant
La nécessité de renforcer l'écoute des enfants est également soutenue par Faouzia Sahraoui, directrice générale de France Victimes 67. "Nous devons créer un cadre où la parole de l'enfant est respectée et suivie d'actes concrets," insiste-t-elle. Karine Senghor, organisatrice des Assises nationales de la protection de l'enfance, propose de simplifier les procédures, trop complexes, qui entravent le bon traitement des cas. "La bureaucratie actuelle empêche une prise de décision efficace et rapide," ajoute-t-elle.
« Un changement radical est nécessaire »
Pour un changement significatif dans le traitement des violences sexuelles, Anna Matteoli, à la tête du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles du Bas-Rhin, propose une approche plus globale. "Il est impératif de modifier notre perception des violences sexuelles et d'accorder plus de place à la prévention," souligne-t-elle. Faouzia Sahraoui abonde dans son sens, affirmant qu’une éducation collective est nécessaire pour protéger les enfants.
En effet, selon France Victimes 67, plus de 400 enfants dans le Bas-Rhin subissent chaque année des violences, et au niveau national, 73% des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite. La mobilisation actuelle pourrait être un tremplin vers une prise de conscience collective, seule capable de favoriser une réelle protection des enfants.







