Les parents de Noahm dénoncent la récupération politique après le meurtre de leur fils

Les parents de Noahm s'opposent à l'instrumentalisation de sa mort.
Les parents de Noahm dénoncent la récupération politique après le meurtre de leur fils
Noahm a été associé mardi à la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Lyhanna, tuée à 11 ans dans le Gers. (Image d’illustration) ADOBE STOCK

La semaine passée, Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis à la présidentielle, a qualifié le meurtre de Noahm, un jeune homme de 19 ans, d'«agression homophobe» dans un post sur X, suscitant des réactions mitigées.

Les parents du défunt se disent «ébranlés» et expriment leur «ras-le-bol de cette récupération politique» liée à la mort tragique de leur fils, qui a été agressé dans la nuit du 30 mai à Metz et est décédé trois jours plus tard. Leur avocate, Sophie Friha, a fait part de leur souhait que Noahm ne devienne pas un symbole politique.

«Nous ne voulons pas que Noahm soit utilisé à des fins politiques», a affirmé Me Friha. Ses parents demandent une véritable «prise de conscience sociétale» et insistent sur la nécessité «d'éduquer» les jeunes sur la violence. «Il est inacceptable qu'il y ait chaque année des victimes innocentes, souvent pour des raisons futiles», a-t-elle ajouté.

Pour le moment, la thèse d'une motivation homophobe dans l'agression n'est ni confirmée ni écartée par la justice. Me Friha indique que «l'enquête est en cours» et il est crucial de laisser les autorités judiciaires faire leur travail. Le procureur de la République de Metz, David Touvet, confirme que les premières investigations ne montrent pas d'éléments conclusifs quant à une haine homophobe.

Deux individus, âgés de 20 et 27 ans, ont été mis en examen pour «meurtre aggravé par l'état d'ivresse manifeste», un crime pouvant mener à une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Touvet rappelle que l'instruction devrait explorer toutes les circonstances entourant le crime.

Les familles victimisées par cette tragédie, et tout particulièrement le groupe militant SOS Homophobie ainsi que l'association messine Couleurs Gaies, n'ont pas tardé à se mobiliser. Une manifestation a été organisée le 2 juin, jour de la mort de Noahm, pour dénoncer la violence homophobe.

Dans une tribune publiée dans Libération, Julia Torlet, co-présidente de SOS Homophobie, a plaidé pour une minute de silence à l'Assemblée en hommage à Noahm, comparant ce meurtre à un acte de violence inacceptable. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a également exprimé son indignation : «Personne ne devrait être persécuté ou perdre la vie simplement pour qui il est.»

Les parents de Noahm, qui se disent «apolitiques», soulignent que l'importance de cette minute de silence réside dans le fait qu’elle puisse catalyser des véritables changements pour éviter de telles atrocités à l'avenir.

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