Une vaste escroquerie au RSA a été mise à jour récemment. Deux hommes, ayant établi plus de 1 000 faux dossiers de demande d'allocations dans 75 caisses différentes en France, ont été condamnés le 9 juin par le tribunal de Nanterre. Selon Le Parisien, ces fraudeurs ont réussi à obtenir 190 000 euros indûment avant d'être arrêtés.
Installés en France, les deux individus ont élaboré un système sophistiqué en utilisant des identités volées, acquises via des piratages sur le dark web. Ils ont ainsi constitué de faux dossiers de RSA, ciblant généralement des hommes de plus de 50 ans, issus de milieux aisés, moins susceptibles d'être connus des caisses d'allocations familiales (CAF).
Lorsque des anomalies étaient détectées par certaines CAF, les fraudeurs changeaient habilement leurs informations : adresses e-mail, coordonnées bancaires, voire les établissements financiers utilisés, afin de continuer leurs manigances ailleurs. En tout, ces individus ont créé 1 018 faux dossiers en l'espace de dix mois, entraînant une fraude évaluée à plus de 400 000 euros. Bien qu'une partie des paiements ait pu être bloquée à temps, environ 190 000 euros ont été réussis à détourner.
L'efficacité du Service national de lutte contre la fraude à enjeux
L'affaire a pris forme en juillet 2024, lorsque des agents de plusieurs CAF ont signalé des dossiers suspects. Tous comportaient des caractéristiques similaires : des ouvertures en série au nom d'hommes de plus de 50 ans, des adresses Outlook très semblables et des versements systématiquement dirigés vers des néobanques britanniques. Ces alertes ont été rapidement remontées au Service national de lutte contre la fraude à enjeux (SNLFE) de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).
La Cnaf a souligné l'efficacité croissante de ce service, établi en 2021. Thomas Desmoulins, en discussion avec Le Parisien, a précisé que cette condamnation représentait la première affaire judiciaire significative en termes de volume de dossiers et de montants, finalisée en 2026. Bien qu'un dossier similaire ait été traité en 2025, plusieurs autres affaires pourraient être traitées d'ici la fin de l'année 2026. Constance Bensussan, directrice générale de la Cnaf, a également insisté sur le fait que cette situation montre que la lutte contre la fraude aux aides sociales commence à porter ses fruits.
En 2025, les contrôles effectués par la Cnaf, qui alloue près de 100 milliards d'euros par an à 13,5 millions de bénéficiaires, ont permis de détecter 508 millions d'euros de fraudes sociales.







