Ce jeudi 6 juillet, la Cour d’assises de Paris accueille le procès de Lakhdar Matoug, accusé de "meurtre par conjoint". En février 2023, le corps de sa femme, Assia Matoug, avait été retrouvé démembré dans plusieurs sacs, tant dans le parc des Buttes-Chaumont que dans les environs de Bobigny.
Une affaire sordide révélée par des images de vidéosurveillance
Le drame remonte à plus de trois ans. Le 13 février 2023, des jardiniers du parc des Buttes-Chaumont découvrent un sac-poubelle rempli d'une partie du corps humain, vraisemblablement d'une femme. D'autres membres sont retrouvés plus tard par les autorités, comme l’a rapporté Franceinfo.
Quelques jours avant cette découverte macabre, Lakhdar Matoug avait alerté les forces de l'ordre sur la disparition de son épouse. Des amis du couple avaient ensuite évoqué de sérieuses tensions financières, ajoutant un contexte troublant à cette affaire tragique.
Les enquêteurs ont rapidement pu lier Matoug au crime grâce aux images de vidéosurveillance. Le 2 février, il avait été filmé achetant des outils potentiellement criminels dans un magasin de bricolage avant de se rendre aux Buttes-Chaumont, selon BFMTV.
Pas de troubles psychiatriques avérés
Matoug a été placé en garde à vue le 23 février, dix jours après la découverte du corps, et a progressivement avoué son implication. Il a expliqué aux enquêteurs qu'il avait étranglé Assia "pour la faire taire" sans avoir vraiment voulu lui faire du mal.
Me Pauline Rongier, avocate des proches de la victime, a souligné lors de l'instruction que "Assia avait été tuée par étranglement, suivie de violences physiques, avant d'être démembrée méthodiquement". Les résultats des autopsies ont montré des signes significatifs de violences, contradictoires avec la version avancée par l'accusé.
Bien que Matoug ait mentionné un état de "trou noir" au moment des faits, les deux expertises psychologiques ont conclu qu'il ne souffrait d'aucun trouble psychiatrique. Sa capacité de discernement semblait intacte.
Dans l'attente d'une condamnation pour meurtre, Me Rongier a exprimé l'espoir que le procès respecte la mémoire de la victime et que la justice ne permette pas à l'accusé de ternir son image, une problématique récurrente dans les affaires de féminicide en France.







