Dans une alerte lancée récemment, dix organisations non gouvernementales, dont Greenpeace et WWF France, dénoncent une récente vague de régressions écologiques au sein de l'Union Européenne. Cette situation alarmante est attribuée à des décisions politiques jugées néfastes, en particulier par les partis de droite et d'extrême droite, qui cherchent à détricoter les avancées du Pacte vert, initiative emblématique mise en place lors du précédent mandat de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
Au total, ces ONG recensent vingt reculs écologiques déjà confirmés et évoquent au moins trente autres propositions en discussion. Parmi celles-ci, on note des modifications notables des lois visant à renforcer le devoir de vigilance environnementale des entreprises, un changement qui pourrait drastiquement diminuer le nombre de sociétés concernées par ces obligations, comme le souligne le rapport.
Les eurodéputés de droite se sont également mobilisés pour retarder l'application d'une loi cruciale contre la déforestation, repoussant ainsi son adoption à la fin de 2026. Cette décision s'inscrit dans une politique plus large de soutien à la compétitivité des entreprises au détriment de la protection de l'environnement, préoccupant les ONG qui s'inquiètent de la simplification des réglementations au détriment de la planète.
Des critiques supplémentaires vont également vers la décision de déclasser le statut du loup, une espèce auparavant strictement protégée, permettant ainsi un plus grand nombre d'abattages en raison de l'augmentation de la population de ces animaux. Les ONG expriment leur consternation face à la fragilisation des objectifs climatiques de l’UE, notamment l'ambition de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90 % d'ici 2040 par rapport aux niveaux de 1990, assouplie pour ne pas froisser certains États, comme l'Italie.
Le rapport mentionne également le traitement des combustibles fossiles, où des exceptions pour la vente de voitures thermiques après 2035 sont envisageables, et une possible levée des restrictions sur certains pesticides, exacerbant les craintes des environnementalistes. En réaction, la Commission européenne ne considère pas que ces décisions constituent une menace, qualifiant les débats autour de ces mesures de débats artificiels, en précisant que seules les substances à faible risque seraient concernées.
Les experts s'accordent à dire que ces évolutions reflètent un changement fondamental dans les priorités de l'UE, où la compétitivité économique prime désormais sur l'ambition écologique. Gerhard von Schenk, analyste environnemental, met en garde : "L'UE doit choisir entre croissance économique à court terme et durabilité à long terme. Le choix de retarder des lois cruciales pourrait avoir des conséquences irréversibles sur notre environnement."
Alors que l'équilibre au sein du Parlement européen a changé après les élections de juin 2024, les partis de droite, renforcés par la montée de l'extrême droite, continuent de s'opposer aux mesures du Pacte vert, ce qui complique davantage la mise en œuvre des initiatives écologiques. L'avenir de l'environnement en Europe dépendra donc des choix politiques que l'UE décidera de faire dans les mois à venir.







