La cour d'assises de Paris est le théâtre d'un procès marquant, avec sept hommes, dont plusieurs connus pour leurs liens avec le narcobanditisme, jugés pour l'enlèvement et l'extorsion d'un homme d'affaires en décembre 2018. À 52 ans, la victime, soupçonnée d'avoir des liens avec des organisations criminelles, avait été capturée le matin du 17 décembre à Beaumont-sur-Auge, lorsque plusieurs individus masqués et munis de brassards de police avaient contraint son véhicule à s'arrêter.
La victime, imprégnée d'une aura d’obscurité en raison de son passé judiciaire, avait été frappée, bâillonnée et menottée avant d'être transportée dans un utilitaire jusqu'à un parking en Seine-Saint-Denis. Là, l'un de ses ravisseurs avait exigé le remboursement d'une prétendue dette de « un million d'euros ». Malgré son état, il a assuré aux enquêteurs qu'il ne pouvait identifier ses agresseurs. Relâché plus tard dans la soirée à Saint-Mandé, il est ressorti avec des blessures visibles et un téléphone crypté contenant des instructions de paiement ainsi que des menaces mortelles à son encontre et à celle de sa famille.
Ce financier a un passé tumultueux ; en 2006, il avait été condamné par un tribunal britannique à quinze ans de prison pour avoir dirigé une escroquerie massive à la TVA s'élevant à 54 millions de livres. Après avoir purgé une partie de sa peine, il avait été renvoyé en France en 2012 avant d'être libéré selon la législation française. Cet historique fait de lui une figure complexe au cœur de cette affaire, que son avocat, William Julié, décrit en ces termes : « Les faits de violences sont d'une gravité particulière, et mon client attend que justice soit rendue sans préjugé de son passé. »
Des témoins interrogés suggèrent que la victime pourrait avoir des dettes envers divers individus, et cela pourrait être à l'origine de l'enlèvement. Un investisseur potentiel lié à l'affaire, un délinquant de Seine-Saint-Denis de 41 ans, est suspecté d'avoir participé au kidnapping, tout comme un autre homme de 37 ans, connu pour son rôle dans le narcobanditisme. Ce dernier, décrit comme une figure influente d'un réseau criminel actif dans la région parisienne, avait été sous surveillance policière en raison de conflits internes entre gangs pour le contrôle du trafic de stupéfiants dans le Vaucluse.
Malgré les poursuites, les accusés continuent de nier leur implication dans l'enlèvement. Cependant, des preuves solides, incluant des interceptions téléphoniques et des analyses ADN, viennent compliquer leur défense. Le verdict sera prononcé le 23 janvier prochain. Une situation qui pose la question cruciale des liens entre activités criminelles et milieux d'affaires, un sujet de préoccupation croissante en France, comme l'indiquent de nombreux experts de la criminalité organisée.







