Jean-Marc Laurent, un habitant de Cénac près de Bordeaux, a pris une décision audacieuse en devenant le premier "papa Dépakine" à engager des poursuites judiciaires. Il accuse le médicament antiépileptique, qu'il a pris avant la conception de sa fille, d'être à l'origine de ses troubles neuro-développementaux. Le 18 mars, il a déposé sa plainte devant le tribunal de Paris, comme le rapporte l'Agence France Presse (AFP), une information confirmée par le journal Le Monde.
Monsieur Laurent a utilisé la Dépakine, destinée à traiter des crises d'épilepsie, après avoir souffert d'un accident cérébral en Afrique. Sa fille, Margot, aujourd'hui âgée de 17 ans, vit avec des troubles tel que la dyslexie, la dyspraxie et la dysgraphie. Lors d'un entretien sur ICI Gironde, il a partagé : "J'ai mis deux ans à lui apprendre à faire de la balançoire".
Cette démarche judiciaire, portée par l'avocat Charles Joseph-Oudin, reconnu pour ses actions contre d'autres médicaments comme le Médiator, soulève de sérieuses accusations de nuisance, blessures involontaires, et mise en danger d'autrui. Il fait état d'une tromperie aggravée et du non-signalement d'effets indésirables.
D'autres plaintes vont suivre
Selon Me Joseph-Oudin, cette plainte devrait être suivie par d'autres actions. "Une vingtaine de familles" se seraient déjà manifestées, cherchant à constituer des dossiers similaires pour dénoncer les effets nocifs de la Dépakine. Comme l'indique le médiateur du cabinet de l'avocat, "une expertise judiciaire devra établir si le lien de cause à effet existe entre l'exposition à la Dépakine et les troubles observés chez ces enfants".
Dans une démarche parallèle, l'avocat a aussi adressé une requête au ministère de la Santé pour étendre le dispositif d'indemnisation aux pères ayant pris le médicament lors de la conception de leurs enfants.
Sanofi refuse de commenter les situations individuelles
Le laboratoire Sanofi a réfuté de commenter les cas individuels, déclarant à l'AFP que "la Dépakine a récemment fait l'objet d'une mise à jour de son appel et des mesures additionnelles de réduction des risques ont été mises en place". Cela montre une prise de conscience croissante dans l'industrie pharmaceutique concernant la sécurité des médicaments, mais soulève de nombreuses interrogations sur les cas déjà établis.







