Ce jeudi 19 mars, la procureure de la République a requis six mois de prison avec sursis contre Alain Cayeux, influenceur et aventurier basé à Bidart, pour travail dissimulé. Alors que sa défense a plaidé la relaxe, le verdict sera rendu le 21 mai.
Avec son site internet séduisant et une présence remarquée sur les réseaux sociaux, Alain Cayeux s’affiche comme un « aventurier et explorateur minimaliste ». Chaque jour, il partage ses aventures dans le Pays Basque et au-delà, captivant ainsi des milliers de followers. À 49 ans, l'ancien ingénieur doit cependant répondre devant le tribunal de pratiques douteuses liées à son activité, reprochées par des autorités judiciaires qui estiment qu'il organise des randonnées sans les qualifications requises.
Les accusations formulées à son encontre évoquent également une absence d’assurance, une situation jugée risquée pour ses clients. En effet, la procureure Amandine Boyer ne manque pas de souligner que Cayeux s’alimente d’une dette de 250 000 euros, qui le place en difficulté financière, malgré un compte bancaire en Allemagne affichant 7 600 euros. En ce sens, des sanctions telles qu'une interdiction de gestion pendant deux ans ont aussi été évoquées.
Alain Cayeux se présente comme un homme en quête d’authenticité, s'exprimant avec passion sur ses voyages : « Je voyage six mois par an et je veux montrer une vision positive du monde », déclare-t-il. En outre, le prévenu a partagé un passé tumultueux, marqué par un divorce très douloureux, lequel le contraint à verser une pension alimentaire de 2 000 euros par mois.
Sa défense, portée par l’avocate Me Élise Michel Tastet, critique fermement la procédure, arguant que Cayeux est devenu la cible d’une justice que l’on veut faire passer pour exemplaire. « On veut faire de lui un exemple, car il est un influenceur », s’indigne-t-elle. De son côté, Me Fabien Macogno, également avocat du prévenu, souligne que les exigences juridiques sont parfois disproportionnées, notamment pour des activités qui peuvent sembler anodines, comme une randonnée à Bidart.
Alors que l'issue de cette affaire se rapproche, les observateurs ne manquent pas de s'interroger sur l'équilibre entre l'authenticité des pratiques d’un influenceur et le cadre légal qui régit ces activités. Le tribunal de Bayonne se prononcera le 21 mai sur le sort d'Alain Cayeux, dont la popularité sur les réseaux sociaux pourrait peser lourd dans cette décision.







