Un médecin retraité, âgé de 74 ans, comparaît au tribunal de grande instance du Mans pour agressions sexuelles présumées sur sept femmes policières. Les faits auraient eu lieu entre 2015 et 2019 alors qu'il exerçait ses fonctions au sein du commissariat. Le médecin a catégoriquement nié les accusations à son encontre.
Des palpations inappropriées pour les victimes
Le médecin, qui exerçait de manière libérale et également comme médecin pour la police, était consulté par les fonctionnaires pour des évaluations médicales. Les plaignantes, dont les âges varient entre 20 et plus de 60 ans, ont signalé des interactions abusives. Six d'entre elles ont décidé de se constituer partie civile et seront présentes lors de l'audience prévue.
Selon leur avocat, Maître Jonathan Proust, les examens effectués par le médecin dépassaient largement le cadre médical habituel, impliquant des palpations inappropriées et des attouchements non justifiés. En outre, des commentaires sexualisés auraient été rapportés lors des consultations. Les victimes espèrent que le prévenu reconnaisse la gravité de ses actes au cours de cette audience.
Une défense qui conteste les accusations
La défense, de son côté, qualifie ces actes de simples gestes médicaux. L'avocat du médecin, Maître Michaël Poinson, remet en question chaque accusation et plaidera pour une relaxe, affirmant que les gestes reprochés relevaient de la palpation nécessaire lors des examens. Cette affaire fait écho à une inquiétude croissante sur le harcèlement au sein des institutions, alimentée par les récents témoignages d'autres victimes dans divers domaines.
Le médecin, qui a pris sa retraite après sa mise en examen en décembre 2019, a servi plus de 6 000 patients tout au long de sa carrière, dont 5 % provenaient de la police. Le vote du jugement est prévu pour plus tard dans la journée, et si reconnu coupable, l'accusé pourrait encourir jusqu'à 7 ans de prison ferme.
Il est à noter que le Conseil de l’Ordre des Médecins a également décidé de se porter partie civile dans cette affaire, renforçant ainsi l'importance de la responsabilité éthique et professionnelle des médecins.







