Les crimes de terrorisme et les affaires de trafic de stupéfiants en bande organisée sont jugés par des cours d'assises spéciales. Créées en 1986, ces juridictions ont été établies pour faire face à la gravité de ces délits. Cet article fait le point sur leur spécificité et les affaires emblématiques qui ont marqué leur histoire.
Les infractions liées au terrorisme et aux trafics de drogue sont souvent jugées devant ces assises, car leur nature requiert une attention particulière. Lors de l'ouverture du procès en appel de l'attentat sur le marché de Noël de Strasbourg, nous plongeons dans le fonctionnement de cette instance spéciale.
La loi fondatrice du 9 septembre 1986
La création de la cour d'assises spéciale découle d'une loi adoptée en 1986, suite à des événements tragiques, notamment la fusillade par le groupe Action Directe. Cette loi a redéfini le cadre légal en matière de lutte contre le terrorisme, précisant les conditions d’enquête et alourdissant les peines pour ces faits. En plus des affaires de terrorisme, la cour traite aussi des cas de trafic de stupéfiants en bande organisée et de crimes liés aux armes de destruction massive.
Une cour de magistrats professionnels
Les cours d'assises spéciales sont constituées uniquement de magistrats professionnels, en opposition aux jurés tirés au sort de la société civile. Cette composition est destinée à assurer une expertise pointue dans des affaires qui comportent des enjeux complexes. Des mesures de sécurité sont souvent nécessaires, car les audiences peuvent faire l'objet de fortes tensions.
Comme le souligne l’AFVT, certain magistrats peuvent bénéficier de protections renforcées, et les témoins peuvent être auditionnés dans des conditions sécurisées. Ces précautions montrent l'importance de la compétence des juges dans la gestion des affaires très sensibles.
Les procès emblématiques
Au cours des dernières années, la cour d'assises spéciale a entendu plusieurs procès notables. En 2020, le procès des attentats de janvier 2015, incluant l'attaque contre Charlie Hebdo, a marqué un tournant dans le traitement du terrorisme en France. Ce fut le premier procès pour terrorisme entièrement filmé, apportant une transparence sans précédent aux audiences.
De même, le procès fleuve des attentats du 13 novembre 2015 a nécessité la mise en place d'une salle dédiée au palais de justice, afin de gérer l'afflux de participants et les exigences sécuritaires. Ce procès a été un moment clé dans la lutte contre le terrorisme, mettant en lumière les conséquences tragiques des actes terroristes et les défis auxquels la justice est confrontée.
Les affaires liées au trafic de stupéfiants continuent également d'occuper une place importante dans le calendrier judiciaire. Récemment, des affaires telles que Air Cocaïne et des affaires de trafic sur le port du Havre ont été jugées. Cela démontre la diversité des enjeux traités par cette cour et l'importance de son rôle dans le panorama judiciaire français.







