Les infirmiers de Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, expriment leur ras-le-bol face à une série d'agressions. Ils ont décidé de ne plus intervenir dans un immeuble où réside un individu déjà ciblé par plusieurs plaintes pour agression et harcèlement. La dernière en date a eu lieu jeudi, après qu'une passante a été agressée, entraînant une nouvelle mise en garde à vue de l'homme.
Cette agression représente un tournant pour la communauté médicale de la ville. Le 16 mars, une infirmière libérale a porté plainte pour agression sexuelle à l’encontre de ce même homme, alors qu'elle se rendait à domicile pour voir un patient. La situation s’aggrave, avec au moins quatre plaintes précédentes, dont une pour agression physique en juillet dernier, rapporte France Bleu.
Un seul homme pénalise tout un immeuble
Pour se protéger, les soignants se refusent d'accéder à l'immeuble en question. Le conseil départemental de l'ordre des infirmiers autorise cette mesure exceptionnelle. Thierry Pechey, président du conseil, a informé la ministre et d'autres autorités de cette décision. "Les professionnels de santé ne devraient pas avoir à exercer leur métier en craignant pour leur sécurité," a-t-il souligné.
Un problème d'accès aux soins
Violaine Brunelli-Maufrey, médecin à la maison de santé de Tomblaine, partage cette analyse. Elle soutient que les infirmiers ont légitimement jugé que leurs conditions de travail étaient compromises. Toutefois, elle précise que c'est l'accès aux soins pour les résidents de cet immeuble qui est affecté, non pas l’ensemble des soins dans le quartier. Cette dynamique témoigne d'un problème plus large lié à l'impuissance des soignants face à des comportements récurrents d'agression.
Ce retrait des soins pose un problème moral. Comme l’évoque Thierry Pechey, cela désavantage les patients qui n’ont rien demandé et qui pourraient se voir privés de soins. Un dilemme fâcheux pour les infirmiers, qui souhaitent faire leur travail sans crainte pour leur sécurité.
Contacté par ICI Lorraine, le parquet de Nancy n'a toutefois pas commenté la situation, laissant ainsi une incertitude peser sur l’avenir des soins dans ce quartier.







