Lydia Hadjara, qui a longtemps été l'une des "protégées" du gourou Raël, a décidé de briser le silence des années après avoir quitté ce mouvement sectaire. Dans son livre intitulé J’étais son esclave, elle raconte son expérience et les abus subis, entraînant sa comparution devant le tribunal judiciaire de Paris le 23 mars.
Claude Vorilhon, connu sous le nom de Raël, âgé de 79 ans, a décidé de poursuivre en justice Lydia pour deux passages de son ouvrage où elle évoque des viols sordides, dont un incident particulièrement choquant impliquant une fourchette. Ces accusations ont fait l'objet d'une attention particulière, notamment dans les médias comme BFMTV.
"Je n'avais pas le droit de lui refuser quoi que ce soit"
Dans son récit, Lydia révèle la servitude totale à laquelle elle était soumise : "J'ai appris à faire le ménage comme Raël l'attendait. (...) N'importe quelle heure du jour ou de la nuit, je devais répondre à ses désirs", explique-t-elle. Sa description saisissante de la manipulation psychologique et des abus sexuels choquants alimente un débat sur les dérives des sectes.
Pour sa défense, Lydia Hadjara évoque la "bonne foi" : "Ce récit est le reflet de ma réalité sous l'emprise de la secte". Aline Lebret, son avocate, souligne que cette démarche vise non seulement une catharsis personnelle, mais aussi un appel à la vigilance contre les abus des mouvements comme celui dirigé par Raël.
Raël demande 40 000 euros de dommages-intérêts
Ce procès n'est pas le premier entre les deux protagonistes. Une précédente action en justice de Raël pour "injures publiques" avait échoué en 2025. Dans le cadre de ce nouveau procès, Raël demande 40 000 euros de dommages-intérêts pour la diffamation présumée. Son avocat a refusé de commenter les accusés lors de notre demande.
Les révélations de Lydia éveillent des préoccupations quant aux abus systémiques au sein de la communauté raëlienne, encore active selon des documents récents, notamment un documentaire diffusé sur Netflix en 2024. À travers son témoignage, Lydia espère alerter l'opinion publique et empêcher que d'autres victimes ne soient engendrées.
Alors que le procès se poursuit, la question demeure : jusqu'où peuvent aller les conséquences des témoignages dans des affaires liées à des sectes ?







